À mi-chemin de son mandat de cinq ans, le recteur de l’UQAM, Stéphane Pallage, assure faire son travail « avec le même plaisir qu’au premier jour ». Le Montréal Campus l’a rencontré pour faire le point sur trois grands dossiers d’actualité.
Le recteur a accueilli le Montréal Campus le 16 mars dernier dans son grand bureau du pavillon Athanase-David (D), où des œuvres de Françoise Sullivan, artiste signataire du Refus global, ornent les murs. « Vous savez que j’aime beaucoup ce métier. Je le fais avec un plaisir fou », confie-t-il d’emblée.
La Faculté des sciences de la santé en route
Le dossier de la Faculté des sciences de la santé avance et la création des programmes est en cours, confirme M. Pallage. Deux départements seront créés, dévoile-t-il. Le premier, sur la santé des populations, serait axé sur la prévention et la santé publique, un aspect qui a été négligé par le système de santé, selon lui. « Le meilleur des remèdes, c’est de ne pas tomber malade », dit-il.
Le deuxième département en sera un de soins de première ligne. Il pourrait comprendre des disciplines comme celles des soins infirmiers, affirme le recteur. Une passerelle entre les programmes collégiaux de sciences infirmières et les programmes universitaires est d’ailleurs envisagée, selon M. Pallage. Des programmes DEC-BAC pourraient ainsi voir le jour. « On ne veut pas réinventer la roue, mais plutôt y aller en ajoutant à ce que font déjà les cégeps », explique-t-il.
Afin de renforcer « la première ligne » en santé, un programme de médecine familiale est envisagé, selon le recteur. L’UQAM travaille avec l’Université du Québec afin que ce programme soit offert dans l’ensemble des universités du réseau public. « Comme ça, on pourrait former des médecins de famille tous ensemble, partout sur le territoire du Québec », exprime-t-il.
Un budget provincial « encourageant »
« Les nouvelles pour les universités sont encourageantes », a déclaré M. Pallage au sujet du budget provincial dévoilé en mars, dans un courriel destiné à la communauté étudiante. « Une somme de 12 millions de dollars est prévue pour la première phase du projet Métamorphose » de la bibliothèque centrale, a-t-il indiqué. L’UQAM a aussi obtenu 3 millions sur 3 ans pour améliorer la cohabitation et la sécurité sur le campus et dans le Quartier latin.
« Ce que j’espère du budget, c’est une indexation de la subvention au minimum », avait-il expliqué quelques jours plus tôt au Montréal Campus. « J’espère aussi un réinvestissement de la part du gouvernement dans les universités. » La subvention aux universités n’avait pas été indexée lors du précédent budget. Mais comble de bonheur pour le recteur, le ministère de l’Enseignement supérieur a obtenu cette année une augmentation de 5,5 % de son budget dédié aux universités, ce qui fait en sorte qu’elle dépasse le seuil exigé d’une indexation à l’inflation.
La CAQ et le PEQ
Depuis l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en novembre 2025, M. Pallage n’en démord pas : il faut une clause de droits acquis pour les immigrant(e)s venu(e)s au Québec avant la disparition du programme.
« C’est sûr que ça nous touche directement de deux façons. Pour les étudiants internationaux qui se sont vu promettre cela avant de postuler chez nous, on leur doit minimalement une clause de droits acquis. Ça touche aussi nos professeurs qu’on a recrutés au niveau international avec la même promesse », déplore-t-il.
Le recteur assurait suivre « avec attention » la course au leadership de la Coalition avenir Québec, qui s’est terminée le 12 avril, et la gagnante, Christine Fréchette, est devenue première ministre. Celle-ci promettait de rouvrir le PEQ pour deux ans afin de permettre à certain(e)s orphelin(e)s du programme d’obtenir leur citoyenneté jusqu’à l’atteinte de la cible maximale annuelle d’immigration.« Ce que j’aime de la promesse de Mme Fréchette, c’est qu’elle va rétablir le PEQ, carrément, pour deux ans. Ce qui permettra éventuellement de penser à un programme alternatif, qui ne défavorise pas Montréal », soutient le recteur. « Je sais que dans les partis d’opposition, il y a aussi une volonté de rétablir le PEQ, ce qui est une excellente chose, certainement », souligne-t-il.




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