L’AFESPED réduit son quorum de grève de moitié

L’Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED) a réduit de moitié le quorum requis pour voter une grève d’une semaine ou moins, le faisant passer de 6 % à 3 %, lors de son assemblée générale du 28 janvier. Si certain(e)s y voient une adaptation au manque d’engagement étudiant, d’autres critiquent ce choix « antidémocratique ». 

Les deux tiers des membres présent(e)s ont voté en faveur d’une diminution du quorum. Désormais, la présence de 3 % de l’ensemble des étudiant(e)s membres, soit X étudiant(e)s sur un total de X, suffit pour voter une grève d’une durée d’une semaine ou moins. Pour les grèves de plus d’une semaine, le quorum demeure fixé à 6 %. 

La proposition de réduire le quorum de grève, soit le nombre minimal de participant(e)s requis pour voter une grève, est venue d’un membre ne siégeant pas au conseil exécutif de l’association étudiante, a fait savoir l’AFESPED par courriel. Selon les règles de l’association, toute motion soumise au moins sept jours avant une assemblée générale doit être intégrée à l’ordre du jour, d’où l’ajout de cette proposition à l’assemblée du 28 janvier. 

L’AFESPED n’a pas communiqué au Montréal Campus les arguments qui ont convaincu l’assemblée d’adopter la motion. 

Des avis partagés 

« C’est tellement antidémocratique », lâche Flora Paquet, étudiante au Baccalauréat en communication, politique et société. Elle confie avoir été « choquée » d’apprendre qu’une motion visant à réduire le quorum figurait à l’ordre du jour d’une assemblée générale ordinaire.

À l’opposé, Florence Tardrew, étudiante au Baccalauréat en science politique, y voit une mesure réaliste. Baisser le nombre de membres requis pour voter une grève est une « bonne idée », puisque l’ancien quorum était « rarement atteint », soutient-elle. Loin d’y voir un chemin automatique vers des grèves plus fréquentes, l’étudiante considère que les étudiant(e)s engagé(e)s ne devraient pas être pénalisé(e)s par « l’inertie » de la majorité.

Pour Flora Paquet, un faible quorum ne peut pas refléter l’opinion générale des membres. « Je comprends que ce soit difficile d’atteindre le quorum, il n’y a pas beaucoup de monde qui se mobilise. Mais 3 %, c’est bas », martèle-t-elle.

Pour Brendan Le Rossignol, étudiant au Baccalauréat en droit, cette baisse est une solution de facilité pour éviter de s’attaquer au vrai problème : rejoindre la base étudiante. « Fondamentalement, un quorum, c’est le nombre d’étudiants présents. Si tu le baisses, c’est parce que tu n’arrives pas à avoir assez de monde pour ouvrir des assemblées générales », avance-t-il. 

À l’hiver 2024, le quorum de l’AFESPED pour voter une grève était passé de 2 % à 6 % à la suite d’une contestation de la représentativité de l’association. L’Association des étudiant(e)s en droit avait notamment tenté de se séparer de l’AFESPED au printemps 2024 par voie référendaire, sans succès. Résultat : de fortes tensions subsistent entre l’AFESPED et certaines de ses quatre associations modulaires.

« Ce nouveau quorum visait à reconstruire une relation de confiance avec les associations modulaires », affirme l’étudiant en droit, alors membre du comité exécutif de l’Association des baccalauréats interdisciplinaires des champs d’études politiques (ABICEP). « Le [quorum] avait justement été augmenté comme milieu d’entente », ajoute-t-il. 

Sous le radar 

Pour plusieurs étudiant(e)s, l’annonce de l’assemblée générale de l’AFESPED et l’issue du vote sur le quorum sont passées sous le radar. L’ex-membre du comité exécutif de l’ABICEP dit ne pas avoir vu d’efforts soutenus de l’AFESPED pour faire connaître la tenue de l’assemblée générale à ses membres. « De mon côté, il n’y a pas eu beaucoup de publicité sur ça », dit-il, déplorant l’absence de suivi postassemblée.

C’est en entretien avec le Montréal Campus que Vincent Villeneuve a appris la nouvelle. L’étudiant au Baccalauréat en science politique pointe du doigt l’inefficacité des canaux de communication de l’AFESPED pour rejoindre ses membres. « Je n’ai pas eu moyen de le savoir », regrette-t-il, affirmant n’avoir reçu aucun courriel au sujet de l’assemblée générale. 

De son côté, Flora Paquet raconte avoir interpellé directement l’association sur Instagram avec une amie pour obtenir le résultat du vote, l’information n’ayant pas été diffusée sur les réseaux sociaux. Le procès-verbal de l’assemblée générale du 28 janvier a été mis en ligne deux semaines plus tard, a pu constater le Montréal Campus.

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