À la uneUQAMUne clinique qui tarde à naître

Avatar Léa Martin26 janvier 20174 min

L’implantation d’une clinique sur le campus central de l’UQAM, initialement prévue pour cet hiver, devra attendre. Les Services à la vie étudiante (SVE) doivent toujours obtenir le feu vert du Vice-rectorat à la vie académique pour lancer leurs consultations, a appris le Montréal Campus, une étape essentielle à la mise sur pieds du projet au sein de l’Université.

Selon le Scénario d’implantation et montage financier régulier du Projet de service de santé, document publié en décembre 2015, les Services à la vie étudiante et le Comité aviseur du projet de Service de santé (CAPSS) prévoyaient l’ouverture de la clinique pour la session d’hiver 2017. « Présentement, on est en attente d’une décision de la direction de l’Université », révèle la directrice des SVE, Manon Vaillancourt.

Comme indiqué sur le site web des SVE, le projet de service de santé à l’UQAM compte couvrir des soins de santé physique, de santé mentale, et compte également faire de la prévention auprès de la communauté universitaire. Le projet qui est né d’une initiative étudiante a été présenté pour la première fois en 2011.

Mme Vaillancourt indique qu’après l’adoption du scénario d’implantation du projet en janvier 2016 par le Comité de la vie étudiante (CVE), l’Université s’est prononcée en faveur d’une évaluation des coûts auxquels elle devra faire face lors de la création de la clinique. L’Université a alors fait appel à plusieurs de ses services afin d’estimer les coûts liés notamment à l’aménagement du projet, à l’entretien annuel de la clinique et aux frais d’assurances. Une fois implantée, son coût de fonctionnement serait financé par des cotisations de la communauté étudiante.

« Ce processus a pris une bonne partie de l’hiver dernier et quand j’ai rencontré le CAPSS, au début du mois de septembre, on a suspendu nos travaux en attente de la décision de l’Université », explique la directrice des SVE. Elle explique également que le CAPSS et les SVE ne peuvent pas aller en consultation auprès des membres de l’UQAM concernant leur cotisation avant que l’Université ne prenne une décision.

Une progression nébuleuse

Depuis le mois de septembre, la communication sur l’avancement du projet a été difficile, fait remarquer pour sa part Luc-Alain Giraldeau, doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM qui a notamment siégé au CAPSS. « Je n’ai pas entendu parler du projet au comité de direction, donc je ne sais pas si le projet est sur la glace, si on y a dit non ou si ça poursuit son cours », explique-t-il.

De leur côté, les SVE, selon les dires de sa directrice, ne savent pas ce qu’il advient précisément du dossier depuis qu’il est entre les mains du vice-rectorat à la Vie académique de l’Université. « Je pense qu’ils viennent d’avoir les derniers coûts qui ont été estimés par un des services qui tardait à donner ses estimations, avance Manon Vaillancourt, plusieurs services ont été consultés par exemple celui des immeubles ou des affaires juridiques. Beaucoup de questions devaient être posées parce que c’est un projet qui n’a jamais existé à l’UQAM. »

C’est ce qu’a confirmé la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers, dans un échange de courriels avec le Montréal Campus. Elle s’est toutefois gardée d’émettre plus d’informations sur l’avancement du dossier. « Le projet des Services de santé aux étudiants est important pour le Vice-rectorat à la vie académique qui a le mandat d’en explorer la faisabilité. Ce projet fait présentement l’objet d’une analyse des coûts et des espaces qui y sont rattachés », a-t-elle simplement indiqué.

Un projet qui tient à cœur

Pour les étudiants de l’UQAM qui siègent au CAPSS, le projet d’instaurer une clinique de santé dans l’enceinte de l’Université est un projet important. Un avis qui est partagé par M. Giraldeau. « Quand j’ai siégé au CAPSS, les étudiants qui étaient présents m’ont convaincu qu’il y avait un besoin particulier pour les étudiants d’avoir une clinique sur place à l’UQAM », insiste-t-il.

Selon les étudiants siégeant au Comité, une clinique au sein de l’Université serait d’une grande aide pour les étudiants vivant à l’extérieur de la ville. Plusieurs étudiants qui habitent loin n’ont pas toujours la chance de retourner dans la clinique familiale près d’où ils habitent, soutiennent-ils. Ils ont également convaincu M. Giraldeau qu’il y avait une haute demande de services psychologiques à l’UQAM qui seraient davantage servis par une clinique de santé. « On a déjà des psychologues au service-conseil, mais on avait prévu la présence d’un psychiatre de façon régulière dans le service qui pourrait recommander des étudiants qui ont des problèmes de santé mentale à des hôpitaux ou des cliniques », renchérit Manon Vaillancourt.

L’UQAM est la seule université montréalaise à ne pas offrir de service de clinique sur son campus. Un tel service existe dans les universités de Montréal, Concordia et McGill.

Photo: FÉLIX DESCHÊNES MONTRÉAL CAMPUS

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