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Avatar Mathieu Aubry25 janvier 20173 min

Le baccalauréat en animation et recherche culturelles (ARC), unique en son genre sur le continent nord-américain, sera revampé l’an prochain, près de vingt ans après sa dernière refonte. À l’instar de la majorité des autres programmes de la Faculté de communication, il sera dorénavant contingenté; une décision qui soulève critiques et questionnements.

L’idée de restreindre l’accessibilité au programme — rebaptisé baccalauréat en action culturelle — a été initialement proposée par la direction du programme, avant d’être acceptée par des étudiants ayant participé à son évaluation. Un changement majeur bien accueilli par l’étudiante en deuxième année et directrice par intérim du Conseil étudiant d’ARC, Florence Landry. À ses yeux, le programme n’était pas apprécié à sa juste valeur. «Beaucoup rentraient dans le bac en étant indécis ou s’en servaient comme porte d’entrée pour un autre bac en communication lors de leur seconde année d’études, déplore-t-elle. Au final, il y a peu de finissants dans le programme.»

À quelques mois de sa mise en place, les conditions d’admissibilité au programme doivent toujours être définies, ce qui inquiète Valérie Paquet, finissante de la promotion 2015. Selon elle, les critères choisis pourraient s’avérer un frein aux ambitions scolaires des candidats. «Souvent, ce sont des gens qui veulent travailler dans le milieu culturel, qui veulent être des acteurs de changement, remarque-t-elle. Pas nécessairement des gens qui ont d’excellentes notes, ce qui n’enlève rien à leur pouvoir créatif. Et c’est ce que l’on met de l’avant dans le programme.»

Une refonte attendue

Pour élaborer la nouvelle mouture du baccalauréat, plusieurs années de consultations avec les étudiants, le corps professoral et des experts triés sur le volet ont été nécessaires. Au centre du nouveau cursus : la création d’un pont entre les cours de sociologie et de communication du programme.

En vertu de sa Politique 14 d’évaluation des programmes, l’UQAM doit revoir tous ses programmes aux dix ans. Après évaluations, il est apparu «nécessaire de procéder à des changements profonds de la structure et l’orientation du programme», précise la directrice adjointe de l’unité de programme d’action culturelle (AC),  Janik Bastien-Charlebois.

Selon elle, il était primordial que les professeurs de ces deux champs d’études ne travaillent plus en vases clos. Ainsi, un sigle de cour unique verra le jour et rassemblera des cours de sociologie de l’action culturelle (SAC). Cela permettra «de bien comprendre le lien qui unit la communication et la sociologie, éléments qui sont intrinsèques dans le milieu culturel», renchérit Valérie Paquet.

Pour Florence Landry, le nouveau programme d’action culturelle reflète les aspirations des étudiants et non uniquement la vision des membres de la direction. Selon elle, la direction a su faire preuve de bonne foi. « À la suite de leur proposition, on pouvait aller sonder les étudiants et avoir leurs opinions. On a eu la chance de discuter des cours à conserver ou à supprimer, même les professeurs avaient leur mot à dire sur la refonte du programme», soutient-elle.

Lors des rencontres avec la direction du programme, les représentants étudiants ont souligné leur intérêt à avoir une concentration d’études féministes dans leur parcours scolaire.  Les étudiants qui suivront ces cours se verront rajouter sur leur diplôme en AC une mention concentration études féministes. «Dans un contexte d’inclusion sociale, nous nous réjouissons de voir la démarche provenir des étudiants», affirme avec optimisme Janik Bastien-Charlebois. Des discussions sont également en cours afin d’ajouter une concentration d’études autochtones au programme.

 

Photo: FÉLIX DESCHÊNES MONTRÉAL CAMPUS

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