SociétéLa clinique juridique de l’UQAM, le club-école du droit

Patricia Charbonneau12 décembre 20184 min

La clinique juridique de l’UQAM, une initiative étudiante offrant des services personnalisés à la population, vise à faciliter l’accès à de l’information juridique gratuite tout en familiarisant les bénévoles qui y participent au milieu du droit.

« La clinique est une nécessité dans la société puisque ce n’est pas tout le monde qui est capable de comprendre les procédures judiciaires et les rouages de la justice », affirme la présidente de l’organisme, Justine Tuffelli, qui en est à sa troisième année au baccalauréat en droit. Elle déplore qu’il puisse y avoir des procédures juridiques longues, dispendieuses et compliquées, qui font en sorte que la population ne sait plus vers qui se tourner.

« On tente d’aider la population du mieux que l’on peut en tant que bénévoles, ça nous permet également de nous pratiquer pour notre future carrière », précise-t-elle.

Le processus judiciaire a été écrit par des juristes, pour des juristes, et cela peut être très lourd pour les débutants et les débutantes en droit, selon Justine Tuffelli. « Quand on est rendu habitué aux procédures, c’est beaucoup plus facile et moins effrayant de les affronter que pour des gens qui n’ont jamais fait ça. Si, par exemple, une personne reçoit une mise en demeure, cela peut paraître assez effrayant. C’est beaucoup plus facile de comprendre les documents avec nous », explique celle-ci.

Andrei Roman est notaire depuis trois ans et demi et fait du bénévolat pour la clinique juridique de l’UQAM en corrigeant les rapports des étudiants et des étudiantes. « On veut que les gens sentent que nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire. On est là pour les aider dans des situations qui les touchent personnellement et on comprend les difficultés. On veut les aider à briser la glace avec le système de justice », explique-t-il.

Un code de déontologie à respecter

Lorsqu’un usager ou une usagère prend un rendez-vous à la clinique, la demande est évaluée puis transmise à un clinicien ou à une clinicienne. Celui-ci ou celle-ci se charge de questionner le client ou la cliente pour ensuite faire une recherche et établir un rapport qu’un superviseur ou une superviseure corrigera avant de transmettre l’information au demandeur ou à la demanderesse.

Une personne non diplômée en droit ne peut en aucun cas donner un conseil juridique. « C’est un acte qui est réservé aux avocats et aux notaires. C’est pourquoi notre recherche est vérifiée et corrigée par un avocat et que par la suite nous transmettons l’information à l’usager », précise le membre du conseil d’administration de la clinique François Parizeau, qui en est à sa deuxième année en droit. « L’étudiant ne sera pas protégé contre les représailles qu’il pourrait avoir s’il se trompe. C’est pourquoi il peut seulement transmettre l’information », explique M. Roman.

L’importance de chaque détail

Andrei Roman effectue toujours une correction du rapport avec des notes de révision et des commentaires pour proposer des points de droit qui seraient pertinents d’ajouter. « Ce sont souvent des corrections que l’étudiant ne pouvait pas savoir parce que ce n’est pas écrit dans les lois ou dans les décisions des tribunaux. Ça résulte plutôt d’un aspect pratique que l’on développe avec le temps », affirme-t-il.

« On ne veut pas donner le poisson, on veut apprendre à la personne à le pêcher », lance Andrei Roman. Selon lui, le plus important dans le processus est de montrer au client ou à la cliente les documents et les informations à recueillir, ainsi que les dangers potentiels de certaines problématiques. « Au moins, ils auront des bases en droit, bases qui manquent à la majorité des gens en raison des différents préjugés face au système de justice », affirme l’avocat. Par contre, dans une situation plus complexe, la personne n’aura pas le choix de débuter des démarches en allant consulter un avocat ou une avocate, un notaire ou une notaire.  

Comprendre ses droits

Justine Tuffelli s’estime chanceuse d’étudier le droit et d’ainsi bien comprendre les lois. « On voit à quel point c’est gratifiant pour nous d’aider une personne à surmonter ses problèmes, soutient-elle. Certaines situations peuvent être stressantes pour eux et si nous pouvons les aider à alléger cette charge-là, c’est super satisfaisant. »

De son côté, François Parizeau précise que le contact humain est valorisant pour lui. « Ce n’est pas juste de donner une bonne réponse dans un examen, c’est vraiment de tenter de donner la meilleure information à une personne qui doit faire face à un vrai problème juridique », affirme-t-il.

« C’est vraiment intéressant de pouvoir manipuler les règles juridiques dans un autre cadre qu’universitaire, parce que cela nous donne vraiment l’occasion d’offrir nos connaissances à des gens qui ont de vrais problèmes », ajoute-t-il.

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

L’étudiante au baccalauréat en droit Justine Tuffelli préside la clinique juridique de l’UQAM.

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