Maladie, âge avancé, traitements et soins spéciaux : la prise en charge d’animaux à la santé fragile peut être un immense défi pour les adoptant(e)s. Malgré tout, plusieurs personnes décident de faire de ces bêtes leur compagnon, jusqu’à la fin.
L’expérience avec ces animaux est parfois rocambolesque. C’est le cas d’Élisabeth Perron, qui habite dans Lanaudière. En 2018, Mme Perron s’était proposée pour accueillir une jeune chatte dégriffée. Après l’examen vétérinaire du félin, c’est finalement un mâle de 11 ans, non castré et avec toutes ses griffes, qui a atterri chez elle. Ce dernier avait également le SIDA félin, virus s’attaquant au système immunitaire des chats infectés.
« C’était mon premier chat avec cette condition-là, puis j’avais une autre chatte à la maison que je ne voulais pas risquer de rendre malade », confie-t-elle au Montréal Campus. Après réflexion, elle décide tout de même d’accueillir le chat jusqu’à sa mort, il y a deux ans et demi.
Donner une deuxième chance
À la suite de cette expérience due au hasard, Mme Perron a adopté des chats malades à deux reprises, soit en 2018 et en 2022. Le chagrin d’avoir perdu ses deux félins en seulement trois ans ne l’a pas découragée. « Je suis un peu tombée en amour avec le principe […] de leur donner une deuxième chance et de m’assurer qu’ils aient la meilleure vie possible malgré leurs conditions », dit-elle, affirmant également que ces chats ont droit au bonheur, après tout ce qu’ils ont vécu.
Mme Perron craint de devoir procéder elle-même à des injections sous-cutanées de médication à ses chats. « J’avais peur de mal les faire ou de leur faire mal. Les premières ont été éprouvantes et difficiles au niveau émotionnel, mais maintenant ça se passe bien », confie-t-elle. Elle continue de prendre soin d’eux pour les moments de bonheur, de confort et d’affection qu’elle partage avec eux au quotidien.
Mme Perron souligne la disponibilité et l’accompagnement prodigué par Les félins sans toit auprès des adoptant(e)s. Si jamais elle contactait l’organisme en disant que son chat avait besoin d’une chirurgie et qu’elle était dans une situation financière difficile, il pouvait faire des levées de fonds pour qu’elle arrive à payer les soins de son animal, explique-t-elle.
Dans son processus d’adoption, Caroline Germain a également fait affaire avec un organisme venant en aide aux chiens séniors pour leur trouver une famille pour le reste de leur vie, soit Le Projet Sphinx. Mme Germain a eu recours aux services de l’organisme à deux reprises, dont une fois pour adopter une petite chienne Yorkshire senior. « Avec tous les soins et le temps [investi], on a dû être patients pour lui permettre de nous laisser voir sa vraie personnalité », dit Mme Germain. En ce qui concerne les traitements de l’animal, notamment en dentisterie, l’organisme a déboursé tous les frais initiaux. Elle témoigne également de la générosité de l’organisme, qui lui a donné un carrosse pour déplacer la petite chienne gratuitement.
Pas de profil type
Grâce au programme d’adoption de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, n’importe qui ayant le temps et les ressources pour adopter un animal âgé peut le faire, affirme Clarence Favreault, gestionnaire des programmes cliniques et des familles d’accueil à la SPCA.
Selon elle, certain(e)s citoyen(ne)s cherchent à donner une seconde chance à ces animaux, « mais il y a aussi des gens qui souhaitent juste avoir un compagnon un peu plus âgé, souvent plus calme qu’un chaton qui va sauter partout ». Le programme palliatif de la SPCA vise à placer les animaux dans des familles d’accueil, afin de leur offrir une belle vie et les soins nécessaires. L’organisme prend aussi en charge les frais de vétérinaire, notamment ceux de l’examen annuel, un passage obligatoire pour ces animaux fragiles. D’après Mme Favreau, ces animaux sont surtout des chats et chiens errants mais, en 2025, le programme a également pu aider un oiseau inséparable, et même un hérisson.


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