Notre université reste branchée sur le passé

Mais où est passée l’UQAM app? Avons-nous raté ses funérailles? Notre application uqamienne a disparu en silence, à l’hiver 2025. Depuis, nous sommes encore devant le frustrant constat que notre université s’entête à nous rejoindre par des canaux de communication traditionnels, qui sont, oserai-je dire, souvent dépassés.

Pour tout dire, sors ton « ordinosaure », ta boîte de courriels, ton parchemin et ta plume, c’est ainsi que les messages se passent à l’UQAM!

Je dramatise, mais j’ai sincèrement l’impression que l’Université ne rejoint pas les étudiant(e)s là où ils et elles sont. D’abord, le système offert à l’UQAM pour avoir accès à nos documents administratifs est totalement décentralisé. Impossible de retrouver notre portail étudiant, Moodle et nos ressources d’aide en un seul clic. Il faut accéder à plusieurs sites Web différents. 

L’application mobile a envahi nos téléphones depuis belle lurette. Alors, chère UQAM, où est la nôtre? Oublions Alertes UQAM, une plateforme à l’utilité restreinte, ignorée par plusieurs et remplaçable par l’envoi de bons vieux courriels d’alarmes de feu qui sont tout autant impertinents.

Certain(e)s me diront que l’UQAM a déjà eu une application. C’est vrai, la fameuse UQAM app a existé de 2018 à 2025. Développée par un étudiant pour les étudiant(e)s, cette plateforme offrait aux uqamien(ne)s un accès direct au portail étudiant, à l’horaire de cours, à Moodle, à Outlook, en plus d’être une vitrine pour les médias étudiants comme le nôtre. « Les gens trouvaient ça cool que tout soit centralisé », explique son fondateur, Vincent de Lafontaine, qui était étudiant au Baccalauréat en informatique et génie logiciel de 2014 à 2020. Il s’agissait d’une initiative étudiante et non d’une application officielle de l’université.

Toutefois, l’UQAM app a récemment été « débranchée ». Vincent, qui a terminé ses études, n’a plus de temps à consacrer à ce projet qu’il faisait « sur [son] temps, gratuitement ». De surcroît, l’UQAM a « modernisé son processus d’authentification », avance-t-il. En bref, les plateformes et comptes uqamiens sont plus « sécuritaires », donc un(e) étudiant(e) d’aujourd’hui ne pourrait plus offrir la même application sans autorisation de l’Université, dit Vincent.

« Si j’avais voulu aller plus loin avec l’idée d’une application, ça aurait pris une plus grande collaboration avec l’UQAM, des permissions spéciales et tout ça », affirme celui qui est maintenant analyste informatique à l’université. Dans le cadre de son emploi, il assure avoir « soulevé l’idée d’avoir une application mobile » aux Services informatiques. Mais ceux-ci auraient « d’autres priorités plus importantes en ce moment », même si l’UQAM ferait un « effort », selon Vincent, pour moderniser son offre technologique.

Notre université n’est pas un cas isolé : plus de la moitié des universités québécoises n’ont pas de telle plateforme pour leurs étudiant(e)s. Évidemment, développer une application est complexe, mais rappelons qu’Apple a démocratisé le concept avec le lancement de l’App Store en 2008… il y a près de 20 ans.

« Je me rappelle très bien que je lisais les articles du Montréal Campus, parce que j’avais une porte d’entrée rapide là-dessus », évoque Vincent.

Imaginez si nous avions une application UQAM regroupant toute la paperasse universitaire sérieuse et une autre application UQAM servant de vitrine aux comités et médias étudiants. Des canaux de communication adaptés à nos réalités et à nos besoins.

Pour l’application de comités et de médias, « ça devrait probablement plus être une initiative étudiante pour que les étudiants puissent garder un contrôle sur le contenu et une certaine orientation » sans interférence de l’UQAM, estime Vincent. Un calendrier des événements des comités et associations, une liste des activités parascolaires offertes, notre radio et nos journaux étudiants, tous et toutes sur une même application, par nous et pour nous. Intéressant, non?

D’autant plus que nous remarquons tous et toutes un manque d’engagement étudiant dans nos associations étudiantes et dans certains comités, comme dans notre cher Montréal Campus. Même si ce constat m’attriste, il ne me surprend pas. Tant étudiant(e)s que l’UQAM, nous ne nous donnons pas les moyens d’aller chercher ceux et celles qui sont désinvesti(e)s et désintéressé(e)s.

Avec ces idées, je fais le pari qu’avec deux applications, une institutionnelle et une étudiante, nous pourrions mieux communiquer et ainsi mieux s’entendre.

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