En novembre 2024, une étudiante déclare à la police de la prestigieuse université Cornell qu’elle a été agressée par des membres d’une fraternité. Le corps étudiant est outré : certains lancent des œufs sur la maison de Chi Phi. L’Université, quant à elle, met en place un groupe de travail pour bonifier la sensibilisation aux violences sexuelles.
L’histoire se serait arrêtée là, si ce n’était du travail des journalistes du Cornell Daily Sun. La rédactrice en chef du plus vieux journal universitaire des États-Unis, Cereese Qusba, a pris contact avec la victime présumée, établissant un lien de confiance pendant plusieurs mois.
Le journal publie son enquête 23 mois plus tard, en septembre dernier, alors que la plaignante poursuit au civil les sept hommes qui l’auraient droguée et agressée sexuellement. L’affaire devient alors un sujet d’intérêt national.
Cereese Qusba y relate les faits allégués, dont l’invitation dans un groupe Snapchat à venir visiter la chambre où la victime se trouvait. Selon l’article, l’Université aurait terminé son enquête, même si les résultats n’ont jamais été diffusés. Cornell aurait aussi permis aux étudiants en cause de rédiger une dissertation pour réduire leur sanction.
Mais surtout, le journal étudiant décide de publier les noms des agresseurs allégués, ceux qu’on appelle aujourd’hui les « Cornell 7 ».
L’intérêt public, notre phare
La décision de rendre public le nom des présumés agresseurs ne s’est pas prise sur un coup de tête ; elle met le Cornell Daily Sun à risque d’être visé de poursuites judiciaires. Et rares sont les médias étudiants qui peuvent se permettre de financer des démêlées avec la justice. Mais l’intérêt public, l’idée de protéger de potentielles victimes justifiait cette décision.
Si l’histoire de la Jane Doe a fait le tour des salles de presse des États-Unis, mais aussi du monde, c’est parce que les journalistes étudiant(e)s du Cornell Daily Sun se sont dévoué(e)s durant près de deux ans à ne pas la laisser tomber entre les craques du système. Parce que mettre en lumière ce qu’il se passe sur leur campus, ça fait partie de leur devoir de média étudiant.
Dans un éditorial au titre évocateur : « Cornell Won’t, We Will (Cornell ne le fera pas, nous le ferons) », publié quelques jours après l’enquête, l’équipe de journalistes étudiant(e)s confronte l’université à ses propres promesses. Notamment, celles de fournir un environnement « sécuritaire et épanouissant » pour toute sa communauté étudiante et de suivre la loi.
Et l’administration de l’université n’a pas facilité l’accès à l’information de ces étudiant(e)s. « Si Cornell respecte la loi, nous devrions avoir accès à la déclaration publique émise par l’université, à l’enquête Title IX, ouverte en janvier, et à la façon dont elle s’est terminée », affirme le Cornell Daily Sun, avec raison.
Demander aux institutions de rendre des comptes, persister malgré l’opacité et les embûches administratives, c’est ça le devoir des journalistes, étudiant(e)s ou non.
C’est ce que le Montréal Campus fait depuis plus de 40 ans. Représenter les sujets qui touchent de près ou de loin les 35 000 uqamien(ne)s et les informer sur ce qui se passe à l’UQAM, c’est ça, notre mission. Comme tout média étudiant, nous avons également une double mission, celle de former la future génération de journalistes, année après année.
Votre média, vos histoires
L’université est un terreau fertile de sujets, allant de la distribution des fonds jusqu’à la plus récente victoire des Citadins. Cependant, ce n’est pas à La Presse, au Devoir ou au Journal de Montréal que vous lirez ces nouvelles, c’est au Montréal Campus. Nous sommes là pour raconter vos histoires et pour vous informer des affaires uqamiennes.
Mais des récits comme celui de Cornell ne tombent pas du ciel. Ils proviennent d’un réseau de contacts et d’une crédibilité acquise après toutes ces années de travail. Chaque année, certains de nos textes ou de nos productions proviennent directement de pistes de notre lectorat.
C’est d’ailleurs le cas de l’enquête sur les conditions de travail des étudiant(e)s dans les laboratoires uqamiens publiée en avril 2026. Dans ce texte, les journalistes documentent le climat toxique de cet environnement qui nous avait été rapporté par un membre de la communauté.
Malgré les défis liés à cette situation de taille, le Montréal Campus a tenté à sa façon de vous informer, mais aussi de demander à l’UQAM d’être responsable de ce qui se passe au sein de ses propres murs.
Des accrocs entre le Montréal Campus et certaines associations étudiantes, certes, il y en a eu. Mais il faut souligner que la collaboration entre notre journal et les associations peut permettre de mettre en lumière des problèmes occultés de la communauté étudiante. Nous servons tous, à notre façon, la communauté uqamienne.
Nos portes et nos oreilles seront toujours ouvertes pour vous. Si vous pensez qu’un sujet mérite d’être discuté, venez nous voir au local des médias ou écrivez-nous! Nous sommes là pour ça.



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