Qu’ont à dire les différents partis de la campagne électorale sur la précarité étudiante, sur l’environnement ou sur le coût de la vie? Le Montréal Campus et CHOQ ont abordé les préoccupations clés des universitaires avec les candidat(e)s du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti libéral du Québec (PLQ), lors d’un débat coorganisé par les deux médias, le 18 septembre dernier.
Faute de disponibilité, aucun(e) candidat(e) de la Coalition Avenir Québec (CAQ) n’a accepté l’invitation. Maxime Tremblay-Gaudet (Parti conservateur du Québec) s’est retiré à la veille du débat, à la demande de son parti.
Salaire minimum à 20 $ de l’heure, transport en commun gratuit, réduction de 50 % des frais universitaires d’ici la fin d’un premier mandat : voilà les principales promesses économiques de QS, défendues par la candidate solidaire dans Mont-Royal–Outremont, Marianne Locas-Ouimet. Devant la foule attentive, composée d’une trentaine de personnes, ses adversaires ont toutefois remis en question leur viabilité budgétaire.
Questionné par les animatrices sur le financement de la passe universelle, un titre de transport mensuel unique au coût de 95 $, Dieudonné Ella Oyono (PQ), candidat dans Les Plaines, a défendu la viabilité de son cadre financier.
Sur le logement, le PLQ mise sur la construction d’habitations, promettant 100 000 unités, a souligné Michelle Setlakwe, candidate libérale dans Mont-Royal–Outremont. La Société canadienne d’hypothèques et de logement estime la capacité de construction à 72 000 logements annuellement. Une cible qui s’aligne sur la promesse de QS de créer 25 000 logements sociaux et d‘en soustraire autant à la spéculation immobilière. Le PQ propose la construction du même nombre de logements sociaux, tout en promettant l’harmonisation du Code du bâtiment.
Le privé fait monter le ton
C’est sur le système d’éducation à trois vitesses et la place du privé que les tensions ont été plus palpables entre les trois candidat(e)s. Mme Setlakwe a défendu « le choix des parents » et « la relative accessibilité » des établissements privés comme le collège Jean-de-Brébeuf. Mme Locas-Ouimet s’est dite « abasourdie », rappelant que le « choix des parents » est en vérité celui « des parents qui ont de l’argent ».
Les trois formations s’accordent sur la rémunération des stages dans le secteur public, QS promettant aussi celle des stages du secteur parapublic.
Mme Locas-Ouimet a rappelé que QS veut également revoir le calcul de l’aide financière aux études et a critiqué les conditions d’admissibilité, qu’elle juge « désuettes ». En ce sens, Mme Setlakwe a repris la proposition du PLQ d’augmenter le montant reconnu pour les frais de subsistance des étudiant(e)s, qui sont estimés entre 650 $ et 1380 $ par mois, selon la Loi sur l’aide financière aux études. Or, cette réforme ne figurerait pas dans un premier budget libéral, faute de temps lors de la première année au pouvoir, a expliqué la libérale.
M. Ella Oyono a justifié que le fait que PQ ne propose pas de baisse des frais universitaires, car il n’y aurait, selon lui, pas de demande des associations étudiantes, « comme en 2012 sur la question ».
La souveraineté s’invite en culture
Sur le terrain culturel, la question nationale s’est imposée dans le débat. Par rapport à l’échec de la « taxe Netflix » – qui devait accroître la contribution financière des entreprises américaines de diffusion en ligne au contenu canadien –, le PQ et QS ont présenté la souveraineté comme un outil de protection de la culture québécoise. Mme Setlakwe a quant à elle soutenu que l’indépendance fragiliserait l’identité du Québec.
La création d’une passe culturelle destinée aux jeunes, inspirée du modèle français est l’engagement culturel que Mme Locas-Ouimet préfère de son parti . Pour M. Ella Oyono, c’est la proposition de la gratuité des musées le premier dimanche du mois du PQ. Mme Setlakwe a apprécié de son côté la proposition libérale d’offrir un livre québécois par année à chaque élève.
Ottawa : la ligne de fracture environnementale
Le Québec doit accorder une plus grande place à l’économie circulaire dans son modèle, a défendu M. Ella Oyono. À cette fin, le PQ propose notamment de retirer la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les produits usagés. Il souhaite aussi accroître le financement des centres de traitement des eaux.
La question environnementale doit être abordée de manière transpartisane, a précisé Mme Locas-Ouimet. La candidate âgée de 21 ans a rappelé que les objectifs écologiques de QS passent par la souveraineté afin de s’affranchir de l’industrie pétrolière canadienne.
Mme Setlakwe a souligné les investissements fédéraux dans l’hydroélectricité québécoise, sans répondre aux dénonciations de la candidate solidaire au sujet de l’industrie pétrolière canadienne.




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