Le Ballet national du Québec entre en scène

Le Ballet national du Québec fait ses premiers pas sous une toute nouvelle identité. La compagnie renaît d’une période difficile et cherche aujourd’hui à tracer sa propre voie, en donnant une place singulière à la culture québécoise sur la scène internationale. 

« Nous voulons occuper un créneau qui est actuellement libre au Québec », affirme Nathalie  Marcotte, cofondatrice et administratrice de la compagnie. Elle considère que les Grands Ballets canadiens et les nombreuses compagnies de danse contemporaine occupent une grande place dans la scène culturelle québécoise, mais qu’ils ne représentent pas le style distinct que le Ballet national du Québec propose. 

La troupe de sept danseurs et danseuses, pratiquant à Laval, se distingue en construisant son identité artistique autour de la culture québécoise. Elle peut le faire en utilisant un chorégraphe, une musique ou une histoire du Québec, comme les récits Alexis le Trotteur ou Rose Latulippe, explique Mme Marcotte. 

Pour elle, le Ballet national du Québec se démarque principalement des autres compagnies grâce à l’héritage de l’œuvre du chorégraphe et directeur artistique Eddy Toussaint. Mme Marcotte veut préserver ce style, qui se démarque par une fusion de ballet classique et de jazz new-yorkais. 

Le Ballet national du Québec veut offrir aux jeunes danseurs et danseuses, quel que soit leur parcours, un environnement inclusif, respectueux et techniquement exigeant, pour offrir des occasions professionnelles concrètes, explique la troupe par communiqué. Cette dernière a pour ambition, à long terme, de remplir une place unique dans le monde du ballet à l’international, explique Mme Marcotte. 

Afin d’offrir une formation rigoureuse aux danseurs et danseuses, Timothy Tompkins, le directeur artistique du Ballet national du Québec, utilise la méthode russe Vaganova. Une technique qui a fait ses preuves, en Russie comme à l’international, selon Mme Marcotte. Cette approche du ballet classique, inventée par la danseuse et pédagogue russe Agrippina Vaganova, privilégie la coordination du corps entier, la technique, la musicalité et l’expressivité, pour former des danseurs et danseuses polyvalent(e)s. 

Un nouveau départ

La compagnie, auparavant nommée Ballet Eddy Toussaint de Montréal, puis Ballet Tompkins du Québec, a vécu une pandémie compliquée, explique Mme Marcotte. En 2021, Eddy Toussaint, le fondateur de la compagnie et le mentor de Nathalie Marcotte, a été accusé d’agressions sexuelles sur deux danseurs. Il a par la suite été libéré sous conditions, en attendant la suite des procédures criminelles. 

La Ville de Laval a ensuite décidé de retirer son financement des projets de la troupe à cause de ces accusations. À partir de ce moment, le Ballet de Montréal Eddy Toussaint cesse progressivement d’exister. Quelques années plus tard, en 2026, Mme Marcotte décide donc de créer une nouvelle compagnie : le Ballet national du Québec. 

Un lancement officiel aux moyens limités 

Le Ballet national du Québec compte ouvrir des auditions pour la saison d’hiver 2027 afin de combler les rangs. La compagnie est pour le moment une petite opération comptant moins de dix danseurs et danseuses. 

C’est pour cette raison que Mme Marcotte dit vouloir bientôt offrir aux futures recrues un « soutien financier démocratique ». Ce programme se caractérise par une gratuité complète pour les hommes, puisqu’ils sont en manque dans l’institution. Elle offrirait aussi aux femmes des rabais ou des bourses, en fonction de leur talent. 

Le 12 septembre dernier, le Ballet national du Québec a offert un gala-bénéfice pour marquer son lancement public officiel. Ce gala, qui s’est déroulé au Théâtre Paradoxe de Montréal, a présenté  quatre performances dirigées par le directeur artistique Timothy Tompkins. Les prestations étaient accompagnées par la musique de la chanteuse Marie-Josée Cyr et du musicien Gilles Delorme. « Nous n’avons pas eu autant de spectateurs que nous l’espérions, mais il y avait près d’une centaine de personnes », souligne Nathalie Marcotte. 

L’entreprise a aujourd’hui de grandes difficultés pour faire vivre son art, en raison d’un manque de fonds du gouvernement provincial et des municipalités, déplore-t-elle. Malgré cela, le Ballet national du Québec ne manque pas de rêves pour la suite. « À mesure que nous obtiendrons les moyens financiers nécessaires, nous pourrons développer des tournées », espère notamment Mme Marcotte.

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