UQAMÀ la recherche du confort à l’UQAM

Dominique Plante16 avril 20224 min

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) se veut accueillante et inclusive, cependant, des membres de la communauté étudiante ont de la difficulté à se retrouver dans les espaces. Ces installations sont parfois mal adaptées pour les personnes en situation de handicap ou qui sont issues de la diversité corporelle.

Laura Charland, étudiante au baccalauréat en travail social, souffre d’un trouble neurologique pouvant entraîner des chutes. « Je tombe facilement et je ne le vois pas venir. J’ai même des spasmes. Prendre l’escalier est donc risqué pour moi, mais aussi pour les gens qui sont derrière moi parce que je peux tomber sur eux n’importe quand », explique-t-elle.

À son arrivée à l’UQAM, Laura cherchait désespérément les ascenseurs. L’emplacement de ces derniers étant trop peu indiqué, l’Université s’est rapidement transformée en un labyrinthe. « Si tu ne t’y connais pas, il n’y a aucune façon que tu peux y arriver », raconte-t-elle.

L’étudiante, qui est également diabétique, doit s’administrer de l’insuline avant chaque repas et chaque collation. Gênée de le faire sous les yeux des autres étudiants et étudiantes, elle se rend au local de la sécurité. « Plusieurs [personnes] me disent d’aller à la salle de bain, mais ce n’est tellement pas salubre », affirme-t-elle.

Des espaces incommodants

Pour Marianne Laplante, diplômée de l’UQAM au baccalauréat et à la maîtrise en linguistique depuis le mois de septembre 2021, c’est plutôt la configuration de certains aménagements qui pose problème. « Les petites chaises en forme de cercle à la cafétéria Hubert-Aquin ne sont pas très confortables, déplore-t-elle. Rester assis confortablement là-dessus durant quelques heures, c’est impossible », se souvient-elle.

Les chaises munies d’accoudoirs devraient aussi être remplacées par des aménagements plus inclusifs, selon l’ancienne étudiante. « Ce n’est pas tout le monde qui rentre dans les chaises », ajoute-t-elle.

D’après Marianne, les pires aménagements de l’UQAM sont dans la cafétéria, malgré l’ajout récent de chaises amovibles. « Si l’on pouvait avoir de plus grandes chaises et plus d’espaces entre les tables, ce serait déjà un début », indique-t-elle. Lorsque la cafétéria est pleine à craquer à la pause du midi, l’accès aux tables peut être d’autant plus compliqué pour les personnes grosses ou en situation de handicap.

Toutefois, des étudiants et des étudiantes préfèrent ne pas s’en plaindre, ce que déplore Marianne Laplante. « Ça prend du courage, avec toute la stigmatisation qui vient avec l’aspect corporel. Tu as l’impression que c’est toi qui devrais t’accommoder et non l’inverse », souligne-t-elle.

Malgré ses quelques défauts, l’UQAM est mieux adaptée que d’autres universités selon Marianne, qui fait actuellement son doctorat à l’Université York dans la ville de Toronto. Dans ses salles de cours, l’espace est très restreint en raison des tablettes attachées aux chaises. « Je suis chanceuse [parce que] je rentre encore dans l’espace. Il suffit que je prenne un peu de poids et je n’ai plus de tablette du tout. »

« Un réaménagement déjà prévu »

Le réaménagement de la cafétéria du pavillon Hubert-Aquin est déjà prévu, selon la directrice des relations de presse de l’UQAM Jenny Desrochers. La période de rénovation a commencé le 28 février dernier, et se terminera le 30 novembre 2022.

Les espaces entre les tables seront plus vastes et les chaises ne seront plus attachées au sol. Certaines chaises auront aussi une assise plus large. « Les principes d’accessibilité et d’inclusion sont systématiquement pris en compte dans la mise en œuvre des projets immobiliers », explique-t-elle.

Tout projet de construction ou de réaménagement dans l’Université est réalisé avec les organismes aidant les personnes marginalisées, comme le Bureau de l’inclusion et de la réussite étudiante (BIRÉ), les Services à la vie étudiante et le Service du développement organisationnel.

Cette rénovation devrait accommoder davantage les personnes en situation de handicap et celles issues de la diversité corporelle.

Mention photo Camille Dehaenne | Montréal Campus

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