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Avatar Ericka Muzzo23 février 20164 min

Parfois à Montréal, parfois en Europe; parfois à vélo, parfois le nez dans les livres. Joëlle Numainville, étudiante à l’UQAM, tentera cette année de participer une seconde fois aux Jeux olympiques d’été dans la catégorie «course sur piste». Et que ça roule!

Joëlle Numainville a fait ses débuts olympiques aux Jeux de Londres en 2012, où elle s’est classée au 12e rang de l’épreuve de course sur route. Toutefois, la compétition dont elle est la plus fière s’est déroulée à l’automne. «Je suis vraiment contente des Championnats du monde que j’ai faits en septembre dernier. J’ai bien couru, ça a bien été.» La cycliste, qui était la tête d’affiche de la formation canadienne, a réussi à se hisser au 11e rang.

C’est sur sa propre performance que se base Joëlle Numainville pour évaluer si elle est satisfaite ou non. «Il y a certains jours où une 11e position va valoir une 1re position en raison de plein de facteurs, explique-t-elle. C’est certain que tout le monde veut récolter la médaille, mais c’est vraiment l’effort, le fait de tout donner qui est important.»

Compétition féroce

C’est avec cette idée en tête que l’athlète s’entraîne en vue des sélections pour les 28e Jeux d’été, qui se dérouleront à Rio du 6 au 20 août. La cycliste est entourée de la  cinquième meilleure équipe au monde, l’équipe professionnelle féminine Bigla, basée en Suisse et récemment déménagée en Allemagne. Pour cette raison, l’athlète possède un pied à terre en Europe, où elle se trouve actuellement. C’est la deuxième année que passe Joëlle Numainville au sein de cette équipe, un choix important considérant que la compétition est féroce dans le monde du cyclisme féminin. «Au niveau mondial, c’est énorme. Les pays européens et les États-Unis performent très bien», explique la cycliste.

Le sport dans la tête

Les options de compétitions demeurent nombreuses dans le monde du cyclisme. «On court énormément, entre 50 et 75 courses par année, raconte-t-elle. Il faut le voir comme un emploi : il y a certains jours où ça nous tente moins, mais c’est normal.»

Quant à savoir ce qui la motive quotidiennement à enfourcher son vélo, la Lavalloise n’hésite pas. «Même si chaque année il y a des moments où c’est plus difficile, j’ai toujours des beaux objectifs en tête et ils me permettent de passer à travers, raisonne-t-elle. L’an dernier, c’étaient les Championnats du monde, et en ce moment ce sont les Jeux olympiques.» Les sélections commencées en juin dernier se termineront vers la fin du mois de mai, moment auquel Joëlle Numainville saura si elle fera ou non partie de la délégation canadienne.

La jeune femme de 28 ans trouve tout de même le temps de réaliser une maîtrise en finances à l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM. «Je trouve ça important de concilier les études et le sport, parce que je sais que je ne pourrai pas faire des compétitions durant toute ma vie, explique-t-elle. Après ma carrière de cycliste, j’aimerais continuer en finances.» Malgré un entraînement quotidien d’environ cinq heures, l’athlète parvient à partager son temps entre le sport et les études.

En attendant, Joëlle Numainville continue de faire de son mieux. «L’an dernier, quelqu’un m’a dit de mettre mes d’attentes au plus bas niveau possible, se rappelle-t-elle. J’ai trouvé ça drôle, mais aujourd’hui j’essaye de le faire, et c’est vrai que ça a un impact positif! De cette manière-là, tu peux seulement être content de ta performance.» Dans le vélo comme dans la vie.

Photo : Jocelyn Tremblay

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