À la uneCultureL’année du tigre

Avatar Samuel Lamoureux30 janvier 20163 min

On attendait l’école de Montréal depuis des années en Electronic Dance Music (EDM). Le trio Black Tiger Sex Machine pourrait enfin la représenter. Sa formule: des build-up courts (30-45 secondes) et des drops très agressifs. Avec une tournée nord-américaine de plus de 45 spectacles commençant le 29 janvier, sommes-nous prêts pour l’année du tigre?

Si la tournée officielle de Black Tiger Sex Macine commence le 29 janvier à Toronto, on peut dire que le lancement non-officiel se faisait véritablement à l’Igloofest la veille. Devant une foule plus qu’en forme, le trio montréalais formé de Patrick Barry, Marc-André Chagnon et Julien Maranda a offert un longue prestation d’une heure quinze.

En coulisse, chez les médias, le mot se passait: on n’a définitivement pas affaire à de la musique commerciale, et c’est tant mieux! La foule a pu se déchaîner sous les drops endiablés et non répétitifs du trio. Il est à parier que la grande majorité des personnes dans la foule ne connaissait pas les chansons qui ont été jouées, mais cela n’a jamais été vraiment important pour Black Tiger. La formule ici est celle de l’énergie et du party, et le groupe l’exploite à merveille. Plusieurs personnes avaient le slogan «nous sommes de animaux» sur eux, en vue de la prestation de Mr. Oizo en fin de soirée, mais le qualificatif correspondait aussi fortement à la situation vécue avec le trio montréalais.

Au final, on a pu entendre définitivement quelques morceaux du prochain album Welcome To Our Church, tel Numbers par exemple. King is back de Snails a aussi été un des moments les plus forts de la soirée.

Entretenir son image

On peut dire que le groupe a une façon triple de bien entretenir leur image. Côté physique, il y a tout d’abord leurs masques de tigre, visibles de très loin dans un festival. Le côté futuriste rappelle Daft Punk mais aussi Deadmau5 avec les lumières qui s’en échappent.

Côté musical, leur griffe est instantanément reconnaissable. Black Tiger Sex Machine fait dans le Bass House très cru, il y a quelques années on aurait peut-être même appelé cela du complextro tellement la construction du drop peut s’avérer complexe. La mode musicale leur sourit d’ailleurs cette année avec le retour en force du Bass House chez les grands producteurs tels Tiesto ou Jauz. Il y a deux ans, lorsque la mode était au Big Room à la sauce Martin Garrix, le vent n’était pas du tout dans leur direction, mais les choses changent et ceux-ci en profiteront très certainement.

Le trio a réussi a sceller définitivement son image par la création de sa propre maison de disque, Kannibalen. Passage obligé pour tout producteur désirant s’affranchir du marché aux tendances conformistes de la musique électronique, Kannibalen a fêté ses cinq ans en décembre dernier et compte désormais des têtes d’affiche comme Snails ou le Belge Lektrique dans ses rangs. Après Vancouver (Excision, Datsik) et Toronto (Zeds Dead), Montréal s’inscrit définitivement dans la grande ligue de la bass culture.

La tournée Welcome To Our Church s’arrêtera à Montréal le 18 mars prochain au Club Soda.

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