À la uneCultureSavoir créer un party

Avatar Catherine Charron8 novembre 20154 min

C’était ce genre de spectacle où la foule saute partout en s’époumonant et en chantant les chansons, où des effluves de marijuana leur chatouille les narines, où des bières virevoltent dans les airs… Bienvenue à l’ouverture de la 29e édition du festival Coup de cœur francophone.

Antidote 10

Bernard Adamus a eu le privilège d’ouvrir les festivités devant une salle comble et survoltée le 4 novembre dernier au Club Soda, après la prestation plutôt banale de Francis Faubert et de ses musiciens. Ce rock somme toute conventionnel n’innovera pas dans ce genre au Québec, les thèmes et la voix du principal intéressé n’offrant rien d’exceptionnel. Les mélodies ont malgré tout réussi à faire hocher la tête de certains spectateurs.

Bernard Adamus a offert une toute autre expérience à la foule. Sans prétention, il a non pas laissé les techniciens accorder ses instruments, il l’a fait lui-même, cigarette au bec. La scène nintimide définitivement pas cet artiste, qui semble y être chez lui. Après tout, qui retirerait chaussures et chaussettes en y montant ? Ses «invités» sont conviés à un spectacle dans son salon, avec sa gang de chums et de la bière. Il n’y a pas de tabou, pas de chichi, il a un fun noir et le partage avec ses spectateurs. Son franc-parler influence totalement cette sensation de proximité. Encore là, aucune censure dans ses paroles pour illustrer les relations difficiles ou l’alcoolisme, sur des airs de country ou de folk. Daccord, il ne réinvente rien, ressemble beaucoup aux Colocs si on pense à son énergie, mais on ne peut lui enlever son sens du party.

Ses nouvelles chanson tirées de son dernier opus Sorel, Soviet, So What, moins déprimantes que celles des précédents albums, ont un son plus blues, quelque peu différent de son style d’avant. Il les interprète avec une plus grande légèreté, ponctuant l’introduction de celles-ci dune pointe de son univers disjoncté, suggérant à sa fille par exemple de «faire ses devoirs, de ne pas consommer trop de weed, et d’aimer son père», suite à la pièce Jolie Blonde. Tous les morceaux de l’album sorti cet automne ont été joués, le public les connaissant déjà par coeur.

Ses anciens succès ont aussi fait sauter la foule, qui a pratiquement enterré la voix de Bernard Adamus lors du rappel parce qu’elle chantait plus fort que lui sur la pièce 2176. Et le musicien n’a pas eu peur d’interpréter Faire des enfants, une chanson écrite et chantée par Jean Leloup. Il était un peu décevant qu’il n’ait pas remodelé la pièce à son image, mais elle a malgré tout été bien accueillie par la foule. L’énergie de Le pro du rouleau a fait craquer cette tension qui régnait dans la salle en un mush pit qui a duré pratiquement tout le reste du spectacle.

Bernard Adamus donnera une autre prestation une dans le cadre du festival Coup de cœur francophone le 15 novembre prochain au Divan Orange à 22h00.

Photo : Jimmy Francoeur

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *