UQAMUn mois de mars chargé en grèves pour le mouvement pour la rémunération des stages

Laurent Lavoie Laurent Lavoie26 février 20193 min

Tant à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) que dans le reste de la province, la population étudiante s’est mobilisée pour voter des journées de grève pour soutenir entre autres le mouvement de la rémunération des stages.

Dans un mois de février décisif, les membres de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’Éducation (ADEESE), appui central à la mobilisation, a voté contre la tenue d’une grève générale illimitée pour le mouvement de la rémunération des stages. Cependant, le débat a repris de plus belle quelques jours plus tard, alors que quatre des six associations modulaires de la faculté ont organisé de nouvelles assemblées générales.

L’Association étudiante aux cycles supérieurs en éducation sera en grève du 6 au 8 mars et tiendra un nouveau vote dans la semaine du 11 mars. Les membres des associations modulaires en enseignement primaire, enseignement secondaire et adaptation scolaire seront aussi en grève lors de cette période, en plus du 15 et de la semaine 16 au 22 mars, date où un vote de reconduction sera tenu. La journée du 15 mars est vouée à la Grève mondiale pour le climat.

La population étudiante des associations facultaires de sciences humaines (AFESH), des arts (AFÉA) et des langues et communication (AFELC) ont aussi voté pour un tel mandat.

Contrairement à l’AFELC, l’AFÉA et l’AFESH ont prévu un vote de reconduction pour le 22 mars, à l’atteinte du plancher de 20 000 étudiants et étudiantes en grève, qui a été dépassé jeudi dernier.

Du côté de l’Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED), les membres seront en grève du 6 au 8 mars. À noter que ceux-ci ont voté contre une grève générale illimitée lors d’un référendum qui s’est tenu du 12 au 15 février.

Les associations facultaires du secteur des sciences (AESS) et de l’École des sciences de la gestion (AéESG) ne seront pas en grève au cours du mois de mars.

En novembre dernier, pas moins de 60 000 étudiants et étudiantes, dont six des sept associations facultaires uqamiennes, étaient en grève pour soutenir le mouvement de la rémunération des stages. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, avait alors invité la population étudiante à « rentrer en classe ».

Rappelons que le ministre caquiste a annoncé en janvier que des scénarios, excluant le statu quo, allaient être présentés à la fin du mois d’avril, après une rencontre avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ).

M. Roberge a indiqué plus tôt ce mois-ci en entrevue avec le chamblymatin.com que « Si des étudiants se mobilisent, ça n’aura aucun impact, on est déjà au travail et on a déjà un plan de match très clair. S’ils se privent d’être à leurs cours, ça ne va absolument rien donner, car le gouvernement n’ira pas plus vite».

Un mémoire révélateur

Le conseil exécutif de l’ADEESE a rendu public mercredi dernier un mémoire réalisé en collaboration avec l’Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ).

Un sondage a été mené auprès de 664 stagiaires des universités du Québec en Outaouais et de Montréal. On y constate que 42 % des répondants et des répondantes du Comité pour la rémunération des internats et des stages de
l’Université du Québec en Outaouais (CRIS-UQO) disent « avoir vécu du stress, de l’anxiété, de l’angoisse, de l’isolement ou de la détresse psychologique pendant leur stage. »

« Or, en plus d’être un problème social de premier ordre, l’endettement induit du stress financier chez les étudiant.e.s, accroît le risque de décrochage scolaire et a un impact négatif sur la persévérance scolaire », avancent Charles Carrier-Plante et Cécile Regt, qui ont mené cette recherche.

Les milieux de la santé (25 %), de la médecine (24 %) et de l’éducation (19 %) représentent près de sept stages sur dix au Québec.

Si dans l’ensemble des universités québécoises 7 % des stages sont réalisés à l’UQAM, par rapport à 26 % et 19 % respectivement pour les universités de Montréal et Laval, près de 16 000 Uqamiens et Uqamiennes seront en grève lors du mois de mars.

photo: LUDOVIC THÉBERGE MONTRÉAL CAMPUS

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