À la uneUQAMLINO, maître chez lui

Camille Carpentier29 septembre 20113 min

L’UQAM accueille Expo LINO à la salle d’exposition du pavillon de Design, coin Ste-Catherine et Sanguinet, jusqu’à la fin du mois d’octobre, Les multiples affiches, planches graphiques originales, publicités et livres qu’on y retrouve sont à la fois les œuvres les plus connues et les premiers essais de l’artiste visuel montréalais, Lino.

À l’entrée de la salle d’exposition, un tableau noir format géant accueille le visiteur avec ces quelques mots: «Il n’y a pas, il n’y a jamais, il n’y aura jamais de début ni de fin. La création procure un puissant sentiment d’être vivant». D’emblée, le message donne le ton à l’exposition de même qu’à l’ensemble du travail de l’artiste. L’exposition met en lumière l’agencement de formes simples et de couleurs variées ainsi que la coexistence de la peinture et du collage. Des matériaux aussi variés que la peinture, le crayon, le masking tape, le carton, les découpures de journaux et de magazines composent les œuvres de Lino. Thèmes et formes provoquent un aspect très «trash», comme le souligne le descriptif de l’exposition. Une affiche ornée d’un cœur humain transpercé de chandelles accroche l’œil du visiteur. Sur une autre, un chien buvant le lait maternelle d’une femme impressionne tout autant.

L’art de se démarquer
Diplômé du programme de Design de l’UQAM, Lino, Alain Lebrun de son vrai nom, œuvre dans le milieu du design et de l’illustration depuis près de 12 ans. Il enseigne d’ailleurs ces deux disciplines en tant que chargé de cours à l’UQAM depuis quelques années. Parmi ses nombreuses collaborations, on compte des illustrations pour les publicités d’Aéroplan, son travail avec Wajdi Mouawad et son affiche pour la dernière édition du prestigieux Festival d’Avignon. Aux yeux de Sylvain Allard, professeur et directeur du programme de design, la tenue de l’exposition d’un ancien élève de l’UQAM est un événement bienheureux. «Pour nous, c’est en quelque sorte une source de fierté de tenir cette exposition ici, admet-il. C’est aussi une façon de reconnaître la démarche créatrice unique d’un ancien élève.» Cette démarche artistique est intimement liée à la vie, aux préoccupations et aux questionnements de l’artiste. C’est la façon dont l’univers visuel se transpose dans le graphisme ainsi que «la façon unique de dire les choses par le biais de médiums tout aussi uniques qui caractérise le travail de Lino», ajoute le professeur.

Après s’être fait connaître au Québec, le travail de Lino suscite maintenant l’intérêt à l’étranger. «C’est la sensibilité dans le geste de Lino qui est communicatrice et qui rend son travail si populaire, affirme Sylvain Allard. Malgré l’aspect brute de ses affiches et de ses peintures, il a cette capacité à véhiculer beaucoup d’émotion à travers son art. C’est l’artiste qui influence le graphiste, le graphiste qui influence l’artiste.»

Professeur titulaire de design et commissaire d’ Expo LINO, Marc H. Choko est à l’origine de cette initiative. «Marc Choko avait le projet de faire un livre rassemblant toutes les œuvres de Lino. Je pense que c’est ce qui lui a inspiré cette exposition», raconte Sylvain Allard. Né d’une collaboration entre le professeur et l’artiste, le livre, dont le titre est tout simplement Lino, est paru aux éditions Alto le mois dernier.

Expo Lino est présentée gratuitement au centre de design de l’UQAM du mercredi au dimanche de 12h à 18h et ce jusqu’au 30 octobre 2011.

Crédit photo: Camille Carpentier

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