Récit de mes déboires dans les résidences de l’Est

La qualité du logement est le facteur le plus déterminant pour la santé mentale, selon un récent rapport de l’Observatoire québécois des inégalités. En vivant dans les résidences universitaires de l’UQAM, j’ai pu le constater.

Toute cette aventure a commencé pour moi en août 2024. Je venais tout juste d’emménager à Montréal et de quitter le nid familial. En me présentant à l’accueil des résidences René-Lévesque, aussi appelées les résidences de l’Est, je rencontre un employé qui me dit, avec un air peu amical, qu’il est surpris de me voir aujourd’hui. J’avais pourtant envoyé un courriel à l’administration durant l’été pour indiquer la date de mon déménagement et pour poser quelques questions.  

Un autre employé m’emmène ensuite visiter mon appartement, que je découvre pour la première fois. Il est quasi impossible de visiter un logement des résidences universitaires de l’UQAM avant d’y emménager. La seule façon est de connaître quelqu’un(e) qui y habite déjà. En jetant un coup d’œil aux lieux, j’ai remarqué deux ampoules de cuisine brûlées et un crochet à manteaux qui semblait prêt à s’écrouler. L’employé m’indique que cela sera réglé prochainement. Mes colocataires et moi avons dû attendre plusieurs mois avant d’avoir une nouvelle ampoule pour la hotte de four. En – bientôt – deux ans, le crochet à manteaux n’a jamais été réparé, et ce, malgré mes nombreux messages envoyés à l’administration. L’une de mes colocataires s’en est chargée elle-même. 

On n’est jamais mieux servi(e) que par soi-même. C’est ce qui résume le mieux, selon moi, le service fourni pour l’entretien des résidences de l’UQAM. Pour avoir droit à des réparations dans nos logements, il faut se munir de patience et de persévérance. Le processus paraît pourtant simple. Il suffit de faire la demande dans l’application Building Stack, ce qui informe le personnel de la demande du ou de la locataire. J’ai contacté l’administration à de multiples reprises pour régler mon problème de crochets à manteaux et de portes de garde-robes qui brisent constamment. Est-ce normal de devoir se battre pour avoir un service minimal? Je ne crois pas demander la lune. 

Peu après mon arrivée dans mon appartement, j’ai rencontré mes nouvelles ennemies : les fourmis. En l’espace de quelques semaines, mon logement est devenu infesté de ces petites bêtes.

Imaginez-vous la scène un instant. En ouvrant une boîte de biscuits, vous découvrez une colonie de fourmis qui s’est décidée à décimer votre dessert. L’horreur! J’ai jeté l’emballage pour que mes nouvelles colocataires hexapodes ne colonisent pas le reste de ma nourriture. 

J’ai vécu avec ces fourmis de septembre 2024 jusqu’au mois de janvier 2026. À de nombreuses reprises, les exterminateurs et exterminatrices sont passé(e)s pour mettre toutes sortes de produits, avant de finalement venir à bout de ces insectes. 

En décembre, j’ai voulu déménager avec l’une de mes très bonnes amies. Je me suis informée à l’accueil sur la façon de mettre fin à mon bail. L’employé m’a dit de revenir pour signer un document un mois avant ma date de départ. Je suis donc retournée signer ledit papier et un autre employé m’a informée que je devais aussi fournir un document attestant que je quittais l’université, ce que je n’avais pas. Je n’ai donc pas pu déménager. Ce n’est qu’un exemple de la confusion qui semble persister entre les employé(e)s de l’accueil et qui alourdit la charge mentale des locataires. 

J’ai discuté avec quelques voisin(e)s et il ne s’agit pas d’une expérience isolée, mais bien collective. L’administration ne semble jamais en mesure de répondre à nos besoins dans des délais raisonnables.

Malgré tout, j’ai appris à aimer mon petit appartement. J’y vis avec une colocataire qui est aussi devenue une amie. Les déboires administratifs nous ont rapprochées. J’habite à cinq minutes de la majorité de mes salles de cours et je paie 626 $ par mois pour un appartement à trois chambres dans les résidences universitaires René-Lévesque.

Je commence tout de même à être épuisée d’attendre avant de voir des changements.

Ma colocataire m’a demandé si je recommanderais l’expérience des résidences à un(e) autre étudiant(e). J’y ai pensé et la réponse est à la fois oui et non. Le prix du loyer est relativement bas et les appartements sont très bien situés. J’ai aussi eu la chance de rencontrer quatre incroyables femmes avec qui j’ai partagé mon espace de vie pendant près d’un an. Vivre en résidence à l’UQAM? Tout dépend du prix de votre santé mentale.

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