Un charme nommé Rosie Valland

Le festival Pop Montréal, à travers sa pléiade d’activités offertes, lance également des albums. Vendredi le 18 octobre au soir, le projectile en question était le premier album complet de Rosie Valland, Partir avant.

La jeune auteure-compositrice-interprète, découverte et finaliste au Festival de la chanson de Granby en 2012, est sortie de sa tanière ce printemps pour faire une longue course jusqu’aux demi-finales des Francouvertes. Elle nous propose maintenant neuf pièces endisquées au cours de la dernière année. Rencontrée peu avant d’officialiser le tout devant un public rassemblé pour l’occasion dans l’arrière-boutique du café-vinyle 180g, la chanteuse semblait plus fébrile que nerveuse. «J’suis stressée, mais j’me sens prête. Tu sais, ça fait un an qu’on les joue ces chansons-là. Je ne me sens pas dépassée par les événements. Je sais que ça va être bon», dit-elle en jetant un regard au loin sur son groupe, affalé dans un sofa.

Se sachant bien entourée par ses musiciens, dont son frère d’arme et complice Jesse Mac Cormack, elle projetait l’image d’une fille qui sait comment mener le projet à bon port. «L’album est prêt depuis juin, raconte-t-elle Quand je jouais aux Francouvertes, on avait presque terminé l’enregistrement [de l’album].» Ayant assuré les premières parties de noms comme Louis-Jean Cormier et Alex Nevsky, Rosie Valland a su profiter de salles remplies et d’oreilles attentives. «C’est l’fun de jouer devant du monde qui, sans ça, n’aurait probablement jamais entendu ma musique, avoue-t-elle. Mais là, ils ont acheté leur billet et ils n’ont pas le choix de m’écouter.»

Cadeau de bienvenue

Sans dire que la chance est avec elle, des rencontres fortuites et des coups de téléphone inattendus ont jalonné la route qu’elle commençait à peine à défricher en 2014. Un de ceux qui ont changé la donne est le réalisateur Rafaël Ouellet (Camion, Gurov & Anna), qui a appelé la chanteuse pour lui proposer d’utiliser trois de ses pièces pour la série Nouvelle adresse, diffusée à l’automne dernier à Radio-Canada. Il a également incorporé une de ses chansons sur la bande-sonore de son dernier long-métrage Gurov & Anna. «C’est un maudit beau cadeau», qui est arrivé au moment le plus propice qui soit, et qui a permis à la nouvelle venue d’auto-produire son maxi. «Je lui ai dit encore récemment à quel point j’étais reconnaissante de l’aide qu’il m’a fournie, relate-t-elle. Grâce à lui, j’ai pu aller de l’avant avec le projet sans être obligée d’attendre après qui que ce soit

Reconnaissante, Rosie Valland l’est aussi envers ses musiciens, «sans qui [elle] ne serait pas là aujourd’hui, soutient-elle. Quand j’ai rencontré Jesse [Mac Cormack] à Granby en 2012, ma vie a fait un 360°», explique l’artiste. Complété par le batteur Jean-Philippe Levac (Pandaléon), le trio de création a travaillé en circuit fermé pour aboutir à cette atmosphère clair-obscur qui habille adéquatement les chansons de Partir avant et leur donne un caractère propre. Malgré un ton relativement mélancolique, une lueur émane de l’ensemble. La dynamique et la complicité qui s’est établie entre les trois musiciens au fil du temps y est certainement pour beaucoup.

Bain de foule

Si ses interventions sur scène lors du lancement étaient murmurées et hésitantes, Rosie Valland a laissé parler sa musique et son groupe s’est occupé du reste. Les pièces du nouvel opus ont même semblé prendre du gallon en live. Joué dans son intégralité, l’album s’est bien défendu et a démontré une belle cohésion.

Les prochains mois ne seront pas de tout repos pour la chanteuse, puisqu’elle assurera la première partie d’Ariane Moffatt cet automne et des Sœurs Boulay au printemps.

Crédit photo :  Jean-François Sansfaçon

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *