À la uneCultureVictoire à domicile pour Will Butler

Avatar Samuel Lamoureux21 septembre 20153 min

Rarement le théâtre Rialto aura-t-il été autant en harmonie esthétique avec un artiste, vendredi soir, alors que Will Butler, membre d’Arcade Fire, dévoilait son album solo Policy devant une foule bruyante et conquise.

Antidote 10

Construit il y a un peu plus de 90 ans, en plein cœur du Mile-End, le Rialto paraît tout d’abord intimidant. C’est que son décor néo-baroque semble d’un autre temps et son esthétique, d’un autre espace. C’est ce léger malaise que laissait présager ce vendredi soir à Pop Montréal.Or, à l’arrivée très attendue du multi-instrumentiste Will Butler, la réconciliation a été complète entre la vieille salle et son jeune auditoire.

Les fans d’Arcade Fire, très nombreux dans la salle, ont toutefois dû se faire à l’idée que le claviériste-guitariste ne jouerait que ses nouvelles chansons, mais le deuil fut fait rapidement lorsque celui-ci a enchaîné les mouvementées Son of God et Sun Comes Up, tirées de son premier album solo Policy, paru l’hiver dernier.

Que dire également de l’esthétique flamboyante mais simple du groupe? À la droite de Will Butler, dictant le rythme, le jeune batteur Miles Arntzen jouait debout de façon surprenante. Et à l’autre bout de la scène, sur un clavier en or, Boshra Al Saad, recouvrait l’espace de basse envoûtante. Ce joli groupe a charmé l’auditoire pendant plus d’une heure, où treize chansons en plus d’un solo de batterie ont rempli l’espace.

Will Butler a démontré amplement ses multiples qualités musicales en employant successivement sa guitare acoustique, électrique et parfois le piano doré situé près de lui. Après un début toute en vitesse et énergie, la ballade Sing To Me est tombée pile pour la plupart des membres de l’assistance qui n’attendaient qu’un moment pour chanter en cœur. Heureusement que Take My Side a suivi et le sourire est revenu dans cette salle qui en a vu d’autres, mais pas souvent des aussi francs.

Il suffit donc d’un artiste en grande forme, chez lui, dans son fameux complet noir, de quelques «bonjour» en français, d’un batteur tellement électrique qu’il en brise une cymbale pour passer une bonne soirée à Pop Montréal. Maintenant, on en veut plus!

En première partie de cette prestation réussie avait lieu la performance du groupe albertain Tropic Harbour. Une dream pop bien nourrie, quelque peu charmante, mais manquant terriblement de présence scénique. Le band est toutefois jeune, laissons-les se découvrir et revoyons-les un peu plus tard.

Liste des chansons interprétées:

You Must be Kidding

Son Of God

Madonna Can’t Save Me Now

Something’s Coming

Anna

Clean Monday

Cold

Luckiest Sailor

Sing To Me

Witness

What I Want

Crédit photo : Alexis Boulianne

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