UQAMParler des sciences à cœur ouvert

Olivier Larose7 janvier 20224 min

Quinze ans après sa fondation, le Cœur des sciences de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) n’a jamais connu un aussi fort taux de participation à ses activités. Avec la pandémie, le centre est devenu une référence pour les personnes qui ont soif d’actualité scientifique.

Au cours de la dernière année, le nombre de participant(e)s aux activités du Coeur des sciences a triplé, passant de 20 000 à 60 000. Ses activités, qui visent à développer et à promouvoir la culture scientifique, s’adressent tant au grand public qu’aux élèves du secondaire.

Sa directrice, Stéphan Chaix, admet que la pandémie a été une opportunité de croissance pour le centre. Les conférences permettaient de répondre aux questions des gens à propos de la pandémie. « Tout d’un coup, on ne rejoignait pas juste les personnes du grand Montréal, mais des personnes partout au Québec », se réjouit-elle.

Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM, a animé plusieurs conférences concernant la COVID-19. Il a vulgarisé au grand public ce qu’est un virus, en expliquant ses mécanismes d’action à partir d’exemples de la vie courante. « Il y avait une difficulté à savoir ce qu’était un virus […] donc en [créant] un parallèle avec la situation que la population vit, ça pouvait faciliter la compréhension », précise-t-il.

Par ailleurs, le Cœur des sciences a organisé, le 13 mai dernier, une visite guidée des laboratoires de Benoit Barbeau et son collègue Steve Bourgault, professeur au département de chimie de l’UQAM. « Ce qu’on essaye de faire comprendre aux élèves du secondaire qui souhaitent faire des études supérieures en sciences biomédicales, c’est que l’UQAM est la meilleure option. On essaye de montrer à la population comment on travaille », avance M. Barbeau.

Anaïs Kerric, étudiante au doctorat en biologie à l’UQAM, a participé à plusieurs conférences du Cœur des sciences. « Je trouve que c’est un pont nécessaire entre la communauté scientifique et le grand public afin de rendre la science plus accessible à tout le monde », considère-t-elle. L’étudiante apprécie d’autant plus les interactions entre le public et les conférenciers et les conférencières à la fin des présentations, où il est possible de leur poser des questions.

Stéphan Chaix indique que le centre tente d’être le plus original possible afin d’outiller le grand public en matière d’actualité scientifique. Près de 300 activités sont organisées chaque année et leurs conférences en ligne sont toutes disponibles en rediffusion sur Youtube.

Démystifier la science aux plus jeunes

Des types de roches aux espèces de plantes, en passant par la faune urbaine, les rues et les espaces verts de Montréal débordent de richesses scientifiques. Le Cœur des sciences propose de les découvrir grâce à des promenades à travers la Ville, animées par des étudiant(e)s à la maîtrise ou au doctorat à l’UQAM.

Le Cœur des sciences offre également d’autres balades scientifiques, intitulées les Sprints des sciences, qui sont présentées en visioconférence. Elles s’adressent aux élèves du secondaire.

Vanessa Di Maurizio, étudiante à la maîtrise en biologie de l’UQAM, anime des Sprints en lien avec l’écologie végétale et urbaine depuis septembre dernier. « J’aurais aimé avoir ce genre de conférence pendant mes études au secondaire », indique-t-elle.

Pour Vanessa, transmettre ses connaissances à des jeunes de 12 à 17 ans lui permet de sortir de son champ d’études. « Lorsque tu travailles dans un laboratoire, tu te questionnes sur une chose spécifique, mais quand tu animes des Sprints, ça te permet d’étendre ton domaine d’expertise », raconte l’étudiante.

Un intérêt grandissant

La directrice du baccalauréat en biologie en apprentissage par problèmes, Tatiana Scorza, affirme que cet automne, le programme a connu une hausse de 20% d’inscriptions comparativement aux années 2020 et 2019.

Hiba Qchiqach, une étudiante ayant commencé ce baccalauréat cet hiver, explique qu’il n’y a pas si longtemps, elle ne connaissait rien à la biologie. La pandémie l’a intriguée et comme plusieurs autres personnes de son programme, elle souhaitait en apprendre davantage. « En faisant mes cours et mon stage, j’ai compris que la microbiologie, c’est incroyable. C’est un monde parallèle au nôtre et c’est ça que j’adore », s’exclame-t-elle.

L’engouement des activités du Cœur des sciences se transpose aux programmes universitaires de l’UQAM. La croyance populaire voit l’Université comme un second choix dans le domaine des sciences, mais pour Stéphan Chaix, ce n’est plus qu’un mythe.

Mention photo Manon Touffet | Montréal Campus

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *



À lire aussi