SociétéLe projet Uni.D, un acte de compassion

Avatar Laetitia Arnaud-Sicari10 septembre 20203 min

Lors d’un stage universitaire, Justine Labourot et Léanne Brabant, futures professionnelles de la santé, observent que les patients et les patientes vivant dans les établissements de soins sont oubliés. Dérangées par ce constat, elles créent le projet Uni.D, une initiative interuniversitaire qui aspire à briser la solitude vécue par les résidents et les résidentes du réseau de la santé. 

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Lors de leur passage en milieu de soins, les deux étudiantes en ergothérapie à l’Université de Montréal ont mesuré de près l’impact de leur présence sur le quotidien des résidents et des résidentes. Voulant améliorer leur situation, elles réunissent une équipe. Tristan Bonnot-Parent, étudiant en communications marketing à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Noémie Renaud, qui étudie en marketing à l’Université de Sherbrooke et Jean-Christophe Veilleux, qui a étudié pendant un an en kinésiologie à l’UQAM, se sont joints à elles pour créer le projet Uni.D, lancé en ligne le 8 juillet dernier.

Ce collectif interuniversitaire permet aux étudiants et aux étudiantes ayant déjà complété une session d’études dans un programme universitaire en santé et en relation d’aide d’être jumelé.e.s à la clientèle d’un milieu de soins tels que les hôpitaux, les résidences privées pour personnes âgées, les ressources intermédiaires (des lieux de vie où des personnes en perte d’autonomie sont accompagnées dans leur quotidien) et les centres d’hébergement de soins et de longue durée (CHSLD) à Montréal, à Laval, en Montérégie et en Estrie.

Les tâches effectuées par les bénévoles sont de nature sociale, et non médicale. Animer des ateliers de dessin, prendre des marches ainsi que bavarder avec la clientèle sont tous des exemples illustrant la contribution de ces bénévoles. Cette initiative met en lumière les plus récentes données de Santé Montréal, selon lesquelles environ 20% des aîné.e.s de la métropole jugent avoir un manque de soutien social aux niveaux émotif et relationnel. 

Une présence bénéfique pour tous et toutes

Le projet des cinq universitaires apporte non seulement son lot de bénéfices pour les établissements de soins de santé, mais aussi pour les étudiants et les étudiantes qui y participent. Le projet leur permet de combler des heures de bénévolat nécessaires à l’obtention de leur diplôme universitaire, de rencontrer des professionnels et des professionnelles qui travaillent dans leur champ d’études en plus d’agrandir leur réseau et d’améliorer leur curriculum vitae. 

Ève-Marie Bégin a été bénévole à deux reprises pour Uni.D. Son expérience au sein d’un milieu de soins a confirmé son choix d’étudier en ergothérapie : « Ça m’a confirmée que la relation d’aide m’intéressait. [Uni.D] m’a dirigée dans la bonne direction. »

Le Projet Uni.D apprend aux futur.e.s professionnels et professionnelles de la santé la compassion, qui est à la base de toute relation entre un travailleur et une travailleuse en santé et ses patients et patientes, explique Justine Labourot : « Offrir sa présence à quelqu’un, c’est la relation d’aide de base. C’est la [relation] la plus naturelle qui existe. » 

Jusqu’à présent, le Projet Uni.D compte 75 bénévoles inscrits et inscrites sur sa plateforme web, et 42 établissements partenaires, dont le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est.

Photo fournie par Uni.D

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