À la uneUQAMRémunération des stages: des associations étudiantes s’organisent

Avatar Chanel Fortin11 novembre 20174 min

Un rassemblement festif pour la première manifestation interne en faveur de la rémunération des stages dans l’UQAM s’est organisée dans l’agora du pavillon Judith-Jasmin, vendredi dernier. Près d’une centaine de personnes se sont élancées dans les corridors dès 13 heures, après un discours d’une militante du Comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE). Deux associations facultaires ainsi que certains programmes en arts étaient en grève pour l’occasion.

Un rassemblement dans une ambiance joyeuse et revendicatrice, accompagné de musique, de nourriture et de dépliants informatifs, a précédé la manifestation. Munis de leurs nombreuses pancartes et bannières, les gens qui ont pris part à la manifestation se sont élancés dans les corridors de l’UQAM vers 13h05 en scandant « Le travail gratuit, ça suffit, un salaire pour les stagiaires! ».

La manifestation s’est dirigée vers le pavillon Aquin, puis vers le département de travail social pour se terminer au pavillon d’éducation. Des manifestantes ont tenu des discours dans les deux départements, et ont réclamé la rémunération des stages de tous les programmes d’études en travail social, en sciences humaines, en éducation, en enseignement des arts et au cycle supérieur en science politique, programmes qui étaient d’ailleurs tous en grève pour la journée.

Les discours étaient inspirés de la situation de chaque oratrice, mais le fond est resté le même : les situations de précarité qu’entraînent les milieux de stage sont inacceptables. Il faut mettre fin à cette exploitation et reconnaître le travail fait en grande majorité par des femmes, ont martelé les différentes interlocutrices.

Des associations étudiantes sur d’autres campus ont elles aussi été en grève, notamment l’Association étudiante du module de l’éducation de l’Université du Québec en Outaouais (Aeme), l’Association étudiante de Service social de l’Université de Montréal (AÉSSUM) et le Cégep Marie-Victorin (SECMV). La majorité de la foule était composée de stagiaires en grève.

Cette manifestation interne était organisée dans le cadre de la journée internationale des stagiaires, en collaboration avec le CUTE et la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages. Le but de ce rassemblement était de « visibiliser les conditions de travail des stagiaires ainsi que le nombre de stagiaires qui ne cesse de croître, et surtout pour réclamer la rémunération de tous les stages, quels que soient la discipline et le niveau d’études », pouvait-on lire sur la page Facebook de l’événement. La Coalition montréalaise pour la rémunération tenait à 15 heures la même journée un rassemblement au Square-Victoria.

« En travail social, beaucoup d’organismes vont opter pour des stagiaires au lieu d’engager de nouvelles personnes, parce qu’ils sont sous-financés. Alors nous, qui avons pratiquement les mêmes tâches que les travailleuses rémunérées, on doit combiner les tâches d’étudiantes et de travailleuses en même temps », explique l’étudiante en travail social et membre du CUTE-UQAM Sandrine Belley, qui affirme que la situation des stagiaires en travail social n’est pas plus reluisante que celle de ses homologues en éducation. Elle avance que cette situation peut être très difficile financièrement et psychologiquement.

L’étudiante aimerait bien voir la prochaine figure rectorale se prononcer sur la question. « En ce moment, les universités participent à donner une main d’oeuvre gratuite au marché de l’emploi, ce n’est pas vrai que cela ne les concerne pas », explique-t-elle. En octobre dernier, l’administration Proulx a répondu au Montréal Campus que la rémunération des stagiaires n’était pas du ressort de l’université.

Les CUTE considèrent que l’argent pour payer les stagiaires doit venir du gouvernement. D’autres milieux de stages, en génie par exemple, se voient offrir des crédits d’impôts et des subventions pour les stagiaires. «  Pourquoi ne pas valoriser le travail de care principalement effectué par des femmes? Ce travail est essentiel pour la société et peut s’appliquer à l’ensemble des services sociaux et dans les écoles. Si les stagiaires n’accomplissaient pas autant de travail, il y aurait beaucoup de personnes marginalisées qui n’auraient pas de services », se désole Sandrine Belley.

 

photo: MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

Une centaine de personnes ont manifesté vendredi dans l’UQAM en faveur de la rémunération des stages.

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