À la uneUQAMCure de rajeunissement pour le système de télécommunications de l’UQAM

Laurent Lavoie Laurent Lavoie12 avril 20176 min

L’UQAM injectera 18,5 M$ pour le rehaussement de son réseau de télécommunications sur le campus. Les travaux devraient débuter dès l’automne 2017.

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« Les équipements ne sont même plus supportés, ne sont même plus disponibles et sont désuets depuis fort longtemps, indique le directeur de la division des réseaux aux Services informatiques de l’UQAM, Léo Cloutier. Ils sont encore fonctionnels, mais il est temps qu’on passe à un autre réseau plus performant pour la recherche, pour les étudiants ».

Ce plan de rehaussement comportera trois phases visant à remplacer le réseau dans presque son entièreté. M. Cloutier souligne que le premier volet est considéré comme « le plus important », étant préalable au deuxième et troisième segment de ces travaux majeurs. Il « va supporter l’infrastructure du sans-fil », précise-t-il, en remplaçant l’actuel équipement de câblage permettant la distribution et l’accès.

Le second volet servira à à établir les endroits stratégiques pour couvrir la totalité du campus uqamien, au coût de 4 millions de dollars. De nouvelles bornes de distribution seront ajoutées pour augmenter la couverture du réseau sans-fil. À l’heure actuelle, seulement 30% de l’institution universitaire y a accès, tel que mentionné dans le plan de rehaussement des télécommunications obtenu par le Montréal Campus.

Le troisième volet nécessitera pas moins de 7 150 000 $. Ce segment vise à améliorer la performance du réseau, mais également à renforcer sa sécurité. « Les systèmes institutionnels tels que les dossiers académiques, […] Moodle, ainsi que les serveurs reliés à la recherche, seront alors dotés d’équipements de plus haute performance de transport qui sont déjà requis depuis plusieurs années, ainsi que de meilleurs mécanismes de sécurité informatique », mentionne-t-on dans le plan de rehaussement.

Selon M. Cloutier, ce sont « les étudiants en premier qui vont en [profiter] » . « Ils vont avoir une couverture sans fil partout sur le campus universitaire », ajoute-t-il. Le nouveau réseau permettra de mieux gérer le trafic informatique, amplifié par le contexte géographique de l’UQAM en plein centre-ville de Montréal. Pour ce qui est de la sécurité informatique, la communauté bénéficiera, par exemple, d’une plus grande protection en filtrant de façon plus efficace les pourriels.

Du côté de l’Association facultaire étudiante de langues et communication (AFELC), le responsable aux affaires académiques, Julien Landry-Arcand, abonde dans le même sens. « Si c’est bien géré, ça va bénéficier aux étudiants. On n’a pas le meilleur réseau et on a souvent des problèmes […]. Surtout quand t’es en communication, avoir des problèmes de connexion, c’est assez problématique », estime-il. Les étudiantes et les étudiants de l’École des médias, membres de l’AFELC, doivent entre autres effectuer une partie importante de leurs travaux de montage et d’édition graphique dans le laboratoire informatique de communication, ce qui nécessite un réseau particulièrement rapide.

Une transition à surveiller

En 2004, l’UQAM avait procédé à une refonte complète du système réseautique dans une transition brutale. « On [avait] remplacé au complet l’infrastructure réseau,  l’infrastructure de câblage [et] […] la téléphonie […]. On faisait tout ensemble », décrit M. Cloutier. La démarche sera différente cette fois-ci. « Les nouveaux équipements devront chevaucher les anciens. Il faut que ça fonctionne ensemble. On va être hybride un certain temps et c’est [pendant] ce volet qu’on doit s’assurer qu’on ne nuit pas à la communauté », soutient-il.

Le remplacement graduel du réseau des télécommunications s’échelonnera de l’automne 2017 à l’automne 2019. Durant cette période, une adaptation de la communauté sera inévitable. « L’adaptation des usagers va dépendre du manufacturier », remarque le coordonnateur des opérations et du développement des infrastructures de télécommunications, Ian Ruel. « On ne peut pas vraiment le savoir, tant qu’on ne sait pas c’est quel manufacturier. On ne sait pas c’est quoi leur technologie, leur fonctionnement, leur manière de travailler ».

Si le dernier réseau de l’Université a tenu le coup pendant 17 ans alors qu’on estimait sa durée de vie à sept, M. Ruel espère à nouveau un engagement à long terme. « Il faut que ça dure 10 ans minimum », annonce-t-il.

Quand le gouvernement s’en mêle

L’ensemble du financement du projet provient des poches de l’UQAM. « C’est l’Université qui finance à 100% », affirme le directeur du Service des infrastructures, Daniel Girard. Léo Cloutier précise qu’ « il y avait eu des réserves qui avaient été mises de côté justement pour prévoir [cette modernisation]. »

Initialement, le conseil d’administration de l’UQAM avait donné son accord pour un investissement de 22,5 millions de dollars, finançant le renouvellement du réseau de télécommunications et enclenchant du même coup le processus d’appels d’offres. Malgré l’appui du ministère de l’Éducation de l’Enseignement supérieur, le Secrétariat du Conseil du trésor et « des instances internes » du Comité-conseil sur les technologies de l’information et des communications (CCTIC) de l’UQAM se sont imposés pour revoir le plan du rehaussement selon un désir « d’optimisation des ressources, tant humaines que financières ». Cette révision a forcé le retrait de l’appel de soumissionnaires.

Une fois la portée et la planification du projet revues, le budget initial de 22,5 millions a fondu à 18,5 millions. Pour Léo Cloutier, ce dénouement a pourtant souri à son équipe. « Il y a eu une économie par rapport à ça. Le prix des équipements, le marché, l’opportunité qu’on avait; on pouvait intégrer à ce moment le volet de la sécurité informatique qui n’était pas pris en compte au départ », rappelle le directeur de la division des réseaux aux Services informatiques de l’UQAM.

Parallèlement, l’équipe informatique de l’UQAM explorent d’autres solutions pour protéger les données.  « Il y a d’autres choses qui s’en viennent qu’on est en train de regarder. Il y a le cloud*, il y a du monde qui s’en vont vers la relève externe. On est en train d’analyser ça », affirme le coordonnateur des opérations

*Système d’archivage infonuagique

Photo: MARTIN OUELLET-DIOTTE MONTRÉAL CAMPUS

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