À la uneCultureL’art au temps des stéthoscopes

Avatar Catherine Charron26 septembre 20162 min

Qu’il soit thérapeutique ou décoratif, c’est catégorique : l’art sous toutes ses formes doit faire partie intégrante du milieu hospitalier. C’est du moins ce qu’ont confirmé les participants de la table ronde organisée dans le cadre de l’exposition Patrimoines de Yann Pocreau — une réflexion sur le lien patrimonial qui nous unit aux hôpitaux — à la galerie d’art de l’UQAM le 12 septembre.

Selon la docteure en histoire de l’art et chercheuse en études médiatiques de l’Université McGill, Tamar Tembeca, l’art hospitalier est primordial. « L’art sert d’espace ludique, à délimiter les lieux de recueillement, ça change l’image des hôpitaux pour les rendre moins austères. On humanise les soins. », a-t-elle souligné.

D’après une étude de l’architecte français Henri Labruste datant de 1984 et citée par Dre Tembecca, un environnement agréable a un impact sur la convalescence des patients. Après une même opération dans un même hôpital, ceux qui avaient une fenêtre avec une vue sur des arbres restaient moins longtemps et nécessitaient moins d’analgésiques que ceux ayant une vue sur un mur de briques.

Cohabitation collaborative

Cette cohabitation entre l’expression artistique et le milieu médical doit être harmonieuse, une tâche qui nécessite un effort à long terme des deux partis, selon la professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, Mona Trudel.

« Des employés du CHUM, par exemple, étaient surpris de voir une violoniste passer dans le corridor alors qu’ils devaient effectuer des appels au sujet de tests de laboratoire. […] Il ne faut pas oublier que c’est un lieu où des employés doivent répondre à des besoins de base », a expliqué la titulaire de la Chaire pour le développement de pratiques innovantes en art, culture et mieux-être de l’UQAM.

Il est donc nécessaire que ces deux champs d’expertise s’apprivoisent pour permettre notamment à des artistes de faire de l’accompagnement par l’art en milieu hospitalier. Une théorie que Mona Trudel développe d’ailleurs dans son cours « Accompagnement par l’art et l’éducation artistique dans la communauté ».

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Galerie Laboratoire

Cet intérêt pour cette dualité entre l’art et la science n’est pas une première pour la Galerie de l’UQAM. On peut notamment penser à Cloaca No5, cette machine/sculpture digestive de Wim Delvoye qui, du 16 janvier au 14 février 2009, mastiquait, digérait et expulsait des aliments. « Les galeries sont, après tout, les laboratoires de l’art », comme l’a illustré la directrice de la Galerie de l’UQAM, Louise Déry.

Cette table ronde est la première d’une série de discussions qui seront organisées tout au long de l’année par la Galerie de l’UQAM en fonction des différentes expositions. Celles-ci seront faites sous le nouveau leitmotiv de la Galerie : L’art observe.

L’exposition Patrimoines de Yann Pocreau est accessible au public jusqu’au 8 octobre 2016. Pour la programmation complète, c’est ici.

Photos : Catherine Legault 

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