À la uneUQAMUne allocution critiquée

Avatar Louis Pelchat-Labelle17 septembre 20164 min

Critiqué par les associations étudiantes et les syndicats lors de son allocution automnale, vendredi, le recteur de l’UQAM, Robert Proulx, s’est concentré sur son message; la négociation des conventions collectives, l’amélioration des «pratiques opérationnelles» et le retour à l’équilibre budgétaire sont les principaux enjeux dans la mire de l’administration.

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« J’ose espérer que le pire est derrière nous », a affirmé le recteur, concernant la question du financement universitaire. Robert Proulx a reconnu que l’année 2016 sera une année déficitaire, mais il a insisté sur l’objectif de redresser le budget pour l’année à venir. Il a affirmé qu’il maintiendrait la pression sur le gouvernement du Québec pour qu’une révision du mode de financement des universités soit envisagée.

L’allocution avait pour but de mettre l’accent sur le bilan de l’année précédente et de cibler les défis de l’UQAM pour l’année 2016-2017. Plusieurs membres de la direction ont tour à tour pris la parole pour faire un suivi sur les divers projets de l’Université, visant à accroître le développement de chaires de recherche ainsi qu’à améliorer de gestion des ressources et la structure administrative.

Le secrétaire général de l’UQAM, Normand Petitclerc, a également annoncé vouloir mettre en place des mesures pour assurer un environnement sans harcèlement dans l’enceinte universitaire.

Si plusieurs doyens, professeurs, chargés de cours et autres membres de l’administration de l’UQAM étaient présents pour assister aux discours, peu d’étudiants ont fait acte de présence.

Action militante

Quinze minutes après le début de l’allocution, une dizaine d’étudiants sont entrés silencieusement dans la salle et ont déployé une banderole portant le message  « Non aux expulsions », en référence aux sanctions imposées à l’été dernier par le comité de discipline de l’UQAM. Deux de ces étudiants s’étaient déguisés en gardes de sécurité. Après une dizaine de minutes d’occupation silencieuse, le groupe est sorti après avoir fait le tour de la salle pour passer devant la scène où se trouvait le recteur.

Plus tard, la secrétaire aux affaires uqamiennes de l’AFESH*, Alice Lefèvre, a précisé le but de cette protestation silencieuse. « Nous dénonçons les expulsions politiques qu’il y a eu cet été, [la formation du] comité disciplinaire qui a été adoptée sans l’accord des membres de la communauté uqamienne, l’implantation des caméras de sécurité et l’augmentation fulgurante du nombre d’agent de sécurité [sur le campus] », a-t-elle affirmé.  L’étudiante a tenu à mentionner que cette action était une action concertée et endossée par les six associations étudiantes facultaires de l’UQAM : l’AFESH*, l’ADEESE**, l’AEESG***, l’AESS****, l’AFEA***** et l’AFELC******.

Tir groupé en période de questions

La période de questions a été teintée de plusieurs commentaires, reproches et critiques sur la gestion de l’UQAM. La présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ), Marie Blais, a souligné le manque de confiance de la communauté uqamienne envers le rectorat. La présidente du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ), Michèle Nevert, a quant à elle ouvertement soupçonné le recteur de briguer un second mandat, ce qu’a rapidement nié Robert Proulx. « Absolument pas, madame », a-t-il répondu en riant.

Marie Blais a également fait part de ses inquiétudes concernant la difficulté d’obtenir des documents auprès de l’administration. « Votre vision de ce qui est confidentiel ou non m’inquiète », a-t-elle exprimé. Le recteur a alors fait valoir que la documentation est toujours rendue publique après son adoption au Conseil d’administration (C.A.), à l’exception de celle qui concerne les personnes ou les salaires.

Selon le représentant étudiant au C.A. de l’UQAM Samuel Cossette, cette manière de divulguer les documents confidentiels pose problème. « Ce qu’on veut, c’est pouvoir discuter des enjeux qui touchent la communauté de l’UQAM avant qu’ils ne soient adoptés au C.A. », a-t-il expliqué.

Les noms des associations facultaires étudiantes ont été réduits à leurs acronymes pour éviter les lourdeurs indues:

* Association facultaire étudiante des sciences humaines
**Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation
*** Association étudiante de l’École des Sciences de la gestion
**** Association étudiante du secteur des sciences de l’UQAM
*****Association facultaire des étudiants et étudiantes en arts
****** Association facultaire des étudiants en langues et communications

Photos: Catherine Legault

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