À la uneUQAMAu diable les dépenses

Avatar Jean-Philippe Guilbault15 mars 20164 min

Pendant qu’elle demande à ses syndicats de se serrer la ceinture, la haute direction de l’UQAM a vu ses dépenses augmenter de près de 50% depuis les trois dernières années et ne peut expliquer en quoi elles consistent précisément.

Selon les documents obtenus par le Montréal Campus, le montant total des dépenses effectuées par les membres de la haute direction, puis remboursées par l’Université, est passé d’environ 72 000$ en 2012-2013 à 106 000$ l’an dernier, et ce, malgré une légère baisse d’effectifs.

En moyenne, les administrateurs de l’UQAM, comprenant le recteur, les vice-recteurs et les doyens, ont dépensé de 148$ à 21 700$ par année depuis 2012, ce maximum atteint par le recteur Robert Proulx, l’an dernier. La tendance est également à la hausse pour les dépenses occasionnées par la direction des autres composantes de l’Université et par le personnel de direction des services.

Rien dans les documents obtenus par le Montréal Campus ne détaille la teneur de ces dépenses. «En 2014-2015, la préparation de l’État de traitement a considéré des dépenses de types frais de déplacement et d’hébergement pour des congrès, colloques, réunions et perfectionnement, dépenses prises en compte en vertu des critères de la loi [sur les universités]», précise la directrice des relations avec la presse de l’UQAM, Jenny Desrochers. C’est, selon elle, ce qui expliquerait la hausse observée. Or, lorsqu’il est question de savoir en quoi consistaient les dépenses des années ultérieures, rien n’est détaillé. «On ne peut présumer si de telles dépenses existaient auparavant, et si tel était le cas, on ne peut en évaluer le montant», explique Jenny Desrochers, dans un échange de courriels.

Si l’on compare avec les chiffres obtenus auprès de l’Université de Montréal, les administrateurs de l’autre institution francophone de l’île ne sont pas plus économes. Ce sont près de 265 000$ qui ont été déboursés par les 34 hauts dirigeants, une moyenne de 7800$ chacun. Une baisse de 22%, puisqu’en 2013-2014, ce sont 343 000$ qui ont été dépensés, soit 11 400$ en moyenne.

Des salaires stables

Sur la même période de temps, le salaire moyen de la haute direction de l’UQAM n’a que légèrement grimpé, passant d’environ 163 000$ annuellement à 167 000$, malgré que le nombre d’administrateurs soit passé de 19 à 17. Une tendance observée dans les chiffres obtenus de la part de plusieurs universités. Sur l’île de Montréal, l’Université Concordia possède la haute direction la mieux payée avec un salaire moyen de près de 240 000$, alors que l’Université McGill accordait 227 000$ en moyenne et l’Université de Montréal, 209 000$.

La situation de l’UQAM ne surprend pas la présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ), Marie Blais. La question des salaires est, à son avis, à placer dans le contexte de décentralisation annoncé par l’UQAM la semaine dernière. «L’an dernier, la masse salariale des doyens représentait un total d’un peu plus d’un million de dollars. Si l’UQAM décentralise et octroie plus de gestion budgétaire, cela entraînera-t-il la transformation de postes de vice-doyens en ceux de en cadres?», se questionne-t-elle. La présidente du syndicat donne l’exemple de l’Université de Montréal, qui a déjà opéré un virage semblable et envisage de nouveau une restructuration. «Vers la fin des années 1980, on nous présentait au Conseil d’administration de l’UQAM le modèle [de la décentralisation] comme étant celui de la réussite, moi je vois plutôt un modèle en échec», déplore-t-elle.

Photo : Alexis Boulianne

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