À la uneCultureTrente – Passage obligé

Avatar Camille Pednault-Parent17 mars 20163 min

Karim Ouellet revient avec un troisième opus au titre à la Adele, Trente, pour souligner son passage dans la trentaine qui s’annonce ensoleillé, mais aussi plus posé. Une transition qui semble tout à fait naturelle.

Dès le premier extrait, Prélude, l’oreille est bercée par des notes presque mélancoliques, mais tout aussi accrocheuses, avec des ouh qui promettent le ver d’oreille. On est toutefois surpris par une mélodie et des paroles familières où on peut entendre : «J’commence par me prendre la tête», très proche de l’harmonie qu’on connait à Louis-Jean Cormier et son succès, Si tu reviens. Pourtant, seul Karim est cité à l’écriture de l’album. Simplement un clin d’œil, peut-être…

Pour le reste de la création, c’est le duo Karim Ouellet et Claude Bégin qui signe la musique et la réalisation de l’album. Les deux artistes aux tonalités assez similaires font ressortir le meilleur de chacun: le très pop qui plaît aux radios de Bégin et les variations de styles de Ouellet. Le parfait exemple du mariage est le morceau Les roses. Il comporte des touches presque disco qui donnent l’envie de danser et sera parfait pour la saison estivale.

Dans son exploration de style, Karim Ouellet travaille aussi les tonalités reggae dans sa chanson La course qui invite au YOLO, au carpe diem, en chantant que la vie va trop vite. C’est sans doute une façon de transposer sa crise de la trentaine en musique. Le morceau est aussi très accrocheur dû à la répétition du refrain «alors on court/alors on court/alors on court/alors on court…»

Les rythmes world sont aussi présents, entre autres dans le morceau La mer à boire. Le message des paroles est assez pessimiste avec ses «on t’a dit que le temps guérit tout/et qu’on a que ce qu’on mérite/et que l’avenir est devant nous/mais qu’on a que ce qu’on mérite». Le texte et l’amalgame de world et d’électro évoquent un peu le style de Stromae avec son succès Alors on danse.

Karim Ouellet reste quand même très fidèle à lui-même dans des pièces comme Karim et le loup ou encore Trente, morceau éponyme. Ce dernier fait résonner les cuivres de Vincent Poitras, et sa mélodie nous rappelle presque une Marie-Jo dans sa douceur et son rendu. Karim et le loup, elle, raconte l’histoire de la pochette illustrée par Patrick Beaulieu et met l’accent sur la fantaisie, en y invitant la chorale d’enfants de l’école de l’Escale et du Plateau.

Le nouveau trentenaire peut se féliciter de ne pas faire son âge physiquement, mais musicalement, on peut vraiment le voir prendre de la maturité. Le renard n’aura pas été aussi présent sur cet album qu’il l’aura été dans son précédent—autrement que sur la pochette—mais Karim Ouellet a réussi encore une fois à emballer le soleil dans un boîtier de disque.

Photo : Marc Montplaisir

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