Le joueur de basketball Kewyn Blain se dit très satisfait de poursuivre sa carrière universitaire avec les Citadins de l’UQAM. Ce basketteur de haut calibre a préféré tourner le dos à plusieurs programmes canadiens plus développés pour évoluer dans un environnement où il se sent plus à l’aise.  

Cette décision n’a pourtant pas nui à son rendement sur le terrain. Le média North Pole Hoops a d’ailleurs publié le 20 janvier un palmarès des 50 meilleurs basketteurs universitaires canadiens. Kewyn Blain pointe au 31e rang. Il réussit ainsi à exceller dans sa province natale.

Le joueur a choisi d’évoluer dans un programme de basketball québécois même si les équipes du Québec sont beaucoup moins respectées que ceux du reste du Canada. «Étant un athlète de haut niveau, je tenais à donner de la visibilité au basketball québécois», estime-t-il.

Kewyn Blain a complété sa première année dans les rangs universitaires, en 2012-2013, avec les Ravens de l’Université Carleton. Il pouvait alors se vanter d’évoluer parmi l’une des meilleures formations au Canada. Son équipe et lui avaient d’ailleurs triomphé au Championnat canadien de basketball universitaire masculin lors de cette année. Il a pourtant renoncé à poursuivre sa carrière avec les Ravens, une décision plutôt surprenante.

Le meneur de jeu désirait étudier en enseignement de l’éducation physique au secondaire alors qu’il complétait un baccalauréat en Commerce à l’Université Carleton. Il a donc quitté momentanément le monde du basketball pour entamer des études à l’Université de Montréal. Des préoccupations monétaires ont aussi influencé sa décision. «Vivre seul était dispendieux. Je devais payer mon loyer et mon épicerie, explique le joueur de six pieds et un pouce. Ici, par contre, je vis chez mes parents et je peux donc me consacrer davantage sur mes études et le basketball.»

L’embarras du choix

Quand il a voulu renouer avec la compétition, Kewyn Blain aurait pu cogner aux portes de l’Université de Concordia, ou bien de l’Université McGill, deux universités montréalaises avec un excellent programme de basketball. Il a plutôt sondé l’intérêt des Citadins, un choix naturel pour lui en raison de la langue d’enseignement et des joueurs présents dans l’équipe. «Je suis francophone et j’ai la chance de jouer avec mes amis d’enfance», mentionne-t-il. Le jeune homme apprécie également que sa famille puisse venir le voir jouer plus facilement.

L’athlète originaire de Saint-Léonard a entre autres la chance de jouer avec Samuel Bokanga, qu’il a rencontré à l’école primaire, avec Davidson Joseph, un bon ami, et avec Greishe Clerjuste, qu’il connaît depuis plusieurs années. «[Avant que j’intègre le programme], Davidson et moi, on s’est parlé, il m’a dit que l’équipe avait besoin de moi et qu’il fallait que je vienne jouer à l’UQAM», raconte d’un ton calme et posé Kewyn Blain.

Sur le plan des statistiques individuelles, le basketteur occupe le 13e rang du classement canadien avec 8,6 rebonds par match et le 19e rang pour le nombre de points par rencontre (18,1). «Mon rôle a un peu changé avec l’UQAM alors que je dois marquer plus de points, indique-t-il. Mais personnellement, ce n’est pas mon style de jeu, j’aime mieux créer [des opportunités] pour mes coéquipiers.»

L’entraîneur des Citadins, Nate Philippe, engagé après l’arrivée de Kewyn Blain, a rapidement constaté qu’il est un joueur d’exception. «Il a beaucoup de caractère et il travaille extrêmement fort, reconnaît-il. Il possède des instincts supérieurs à la moyenne autant à la défense qu’à l’attaque».

Présence dans le vestiaire

Il faut aussi saluer son évolution en tant que meneur, selon l’entraîneur. «Kewyn nous aide avec son expérience, il donne l’exemple aux autres, il est humble et il connaît ce que ça prend pour gagner à un haut niveau», énumère celui qui a été sacré meilleur entraîneur assistant de la Patriot League, dans la NCAA, en 2015.

Le jeune homme de 23 ans ne se gêne pas pour prendre la parole afin de donner son point de vue sur la manière de s’ajuster en cours de partie, ajoute le basketteur Greishe Clerjuste. Membre de l’équipe depuis deux ans, l’ailier des Citadins croit que coéquipier amène une nouvelle dynamique. «Il est vraiment agressif lors des entraînements. Il se dépasse chaque jour, ce qui nous pousse à suivre son rythme», remarque-t-il.

Dans un monde idéal, Kewyn Blain rêve bien sûr d’atteindre les rangs professionnels, que ce soit au Canada, aux États-Unis ou en Europe. «J’aimerais jouer quelque part où je me sens comme chez moi, exprime le numéro 8 des Citadins. Mon but n’est pas nécessairement de faire partie de l’équipe qui gagne tous les championnats.»

La passion du meneur de jeu envers le basketball le poussera toujours à garder des liens étroits avec ce sport. S’il ne réussit pas à atteindre le calibre professionnel, le jeune homme trouvera assurément une façon d’être près d’un terrain, que ce soit sur le plancher ciré en tant qu’entraîneur ou dans les gradins comme spectateur.

 

Photo: Félix Deschênes

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