BaromètreCultureQuand la danse rencontre Rocky

Avatar Raphaël Côté11 mars 20152 min

La Cinquième salle de la Place des Arts a accueilli le 3 mars la première du spectacle ROCCO, produit par ICKamsterdam, fusion entre combats de boxe et danse contemporaine.
Sous la direction artistique du danseur Emio Greco et du dramaturge Pieter C. Scholten, quatre apprentis pugilistes exécutent une chorégraphie haletante réglée au quart de tour. «Pour cette chorégraphie, nous avons suivi un cours de boxe intensif de 2 semaines à raison de 2 heures par jour», raconte le danseur Dereck Cayla. Les danseurs s’affrontent pendant près d’une heure, pour un spectacle dont le format tient du gala de boxe. Introduction ludique et divertissante, premier combat entre maillots rouge et bleu, entracte musicale avec friandises, deuxième combat entre le bien et le mal puis une finale non sans rappeler les soirées de lutte où tout le monde se lance dans l’arène.

Les matchs principaux, plutôt singuliers, demeurent tous deux caractérisés par un crescendo à la fois gestuel et émotionnel énergiquement soutenu par une trame musicale percutante. L’affrontement rouge-bleu, interprété par Arnaud Macquet et Quentin Dehaye, oppose un mâle viril et robuste à un autre plutôt androgyne et délicat. Leurs déplacements semblent prisonniers d’un faisceau de lumière qui suit le crescendo du mouvement. Le duel ange-démon ou clair-obscur oppose quant à lui Edward Lloyd et Dereck Cayla dans une relation amour-haine. Round après round, on assiste à un lent striptease. Chaque vêtement retiré est une provocation plus intense que la précédente et nous rapproche du round fatidique.
Un grand défi technique

Presque la totalité de la chorégraphie est effectuée identiquement par les deux opposants. Quelques légères dérogations à cette symétrie omniprésente viennent toutefois établir le dialogue et la rivalité. Le rythme de la performance, lui, est celui d’un combat: rapide et incessant, bref, extrême, tel que les directeurs du ICKamsterdam aiment cela. La moindre pause nous dévoile des athlètes sans cesse à bout de souffle qui doivent faire preuve d’une volonté solide ainsi que d’une maîtrise inébranlable. «Le piège, explique le jeune danseur Edward Lloyd, est de se laisser emporter par ce rythme continu et de précipiter le crescendo de l’intensité.»

Le film franco-italien de 1960, Rocco e i suoi fratelli, a inspiré la trame narratrice de cette chorégraphie qui explore les rapports de fraternité, rivalité ou même de désir. Dereck Cayla considère que son interprétation est alimentée par ces émotions viscérales telles que la rivalité entre frères. Cependant, la mince marge de manœuvre accordée aux danseurs par Greco et Scholten existe bel et bien.

 

Rocco, une production ICKamsterdam, est présenté à la Cinquième salle de la Place des Arts jusqu’au 14 mars.

 

Photo: Alwin Poiana

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *