Chaque année, l’histoire se répète. Cette fois, c’était au premier étage du pavillon Judith-Jasmin, au bout de ce corridor orné des idéaux du Printemps érable. Si vous vous y êtes arrêté dans les derniers jours, vous y avez probablement vu des étudiants enfiler une toge un peu vieillotte et un mortier un brin trop étroit. Un petit effort pour la fierté parentale, mais aussi le symbole que la ligne d’arrivée n’est plus bien loin.

Je n’en suis pas encore rendu à la nostalgie de fin de baccalauréat, bien que je sente qu’elle commence dangereusement à se pointer le bout du nez. J’utilise plutôt cette tradition comme prétexte pour parler de choses positives, d’accomplissements. Je ne déchirai donc pas ma chemise cette semaine sur l’oléoduc d’Enbridge, le voyage de notre messie canadien en terre Sainte ou sur celui des Pineault-Caron en Musulmanie. 3000 caractères de positif, rien que du positif.

Un. Des élections provinciales sont à nos portes pour la deuxième fois en autant d’années. «Une perte d’argent et de fausses promesses», résument déjà certains. «Le résultat sera identique», clameront d’autres. Selon l’Indice de démocratie calculé par The Economist Group, seulement 25 pays dans le monde peuvent se vanter d’être dotés d’un système politique réellement juste et fonctionnel. Se rendre aux urnes à répétition, même si c’est chiant pour toi, même si ça coute cher et même si ça se termine avec le même résultat, est un signe que notre démocratie n’est pas fiévreuse. Alors, se plaindre d’un trop-plein de démocratie… vraiment ?

Deux. Je ne considère pas le projet de loi 60 comme une avancée majeure pour le Québec, mais, tout comme la grève étudiante de 2012, elle nous offre un débat de société particulièrement intéressant. Comme dans toutes luttes verbales, on s’y perd parfois, on en échappe et, au final, les gens ignorants crient plus fort que les autres. L’erreur que l’on fait, c’est qu’on ne se souvient que de ceux-là. Pourtant, peu importe de quel côté de l’ostentatoire vous vous trouvez, si la question divise autant, c’est probablement parce qu’elle méritait d’être posée.

Trois. Après des mois de commission parlementaire et des années de débats éthiques, techniques, psychologiques, philosophiques, politiques et patati et patatique, voilà que le Québec se dotera officiellement d’ici un an d’une loi sur l’aide médicale à mourir. Il arrive trop peu souvent que l’on puisse souligner qu’un dossier ait été piloté avec autant de brio. Une avancée médicale et sociale importante qui redonnera un peu de pouvoir à ceux qui pensaient ne plus en avoir. Une preuve également que la collaboration entre partis politiques n’est pas quelque chose d’illusoire

À constamment naviguer sur les réseaux sociaux notre humeur devient rapidement la victime collatérale d’une trop grande dose de pessimisme et de satire. Mais en réalité, tout comme une photo de finissant, si le Québec ne parait pas toujours bien, quelques fois, il prend la pose et on peut en être bien fier.

 

 

Louis-Philippe Bourdeau

Chef de pupitre Société

societe.campus@uqam.ca

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