À la uneCultureL’attrait régional

Avatar Sarah Labelle5 février 20142 min

Un paradis d’air pur pour certains, une lointaine contrée pour d’autres, la région représente aux yeux des institutions montréalaises une source intarissable de relève prête à expérimenter la vie dans la métropole. La directrice artistique de l’École supérieure de ballet du Québec, Anik Bissonnette, a discuté avec le Montréal Campus de l’énergie mise au service du recrutement en région pour garnir les rangs d’école.

Montréal Campus : Quel est l’avantage de recruter des jeunes en région?

Anik Bissonnette : Ça permet de faire découvrir la danse. Comme on est la seule école professionnelle au Québec qui a un programme intensif, on peut permettre aux jeunes d’avoir une carrière en danse classique. On retrouve souvent des petits bijoux en région, des jeunes qui sont capables de suivre notre programme pour devenir des danseurs professionnels de haut niveau en danse classique.

MC : Avez-vous remarqué une différence de niveau entre les régions et Montréal?

AB : Ce qu’on remarque, c’est que les enfants quittent la région plus tard, quand ils ont fait le choix de danser. C’est plus difficile, car ils manquent d’entraînement. Au niveau primaire, très rares sont les parents qui laissent partir leur enfant à Montréal.

MC : Comment fonctionne la première étape d’audition?

AB : L’équipe pédagogique se déplace en région. Avec les plus petits, on fait une évaluation physique, beaucoup plus qu’une évaluation en danse, donc on regarde la forme des jambes, la forme du pied, les hanches, le dos… On leur demande de faire des étirements. On regarde leur rythme aussi, s’ils ont une musicalité. Quand ils sont plus vieux, on fait quand même des examens physiques, mais habituellement, en audition, les classes sont très simples. On regarde vraiment la base. Ensuite, on rencontre les parents individuellement et puis on leur présente l’école, ce que ça représente d’entrer dans un programme professionnel, combien d’heures par jour ils dansent, etc.

MC : Et pour la deuxième étape?

AB : [Les danseurs] sont acceptés pour un stage d’été au mois de juillet. Là, on regarde s’ils sont capables de suivre physiquement, s’ils ont la motivation. Je dis toujours: «c’est vrai qu’on auditionne les élèves pour rentrer à l’école, mais les élèves aussi doivent auditionner l’école.» C’est une discipline tellement exigeante! S’ils ne sont pas bien dans une école, dans un environnement, ça ne sert à rien. Donc, eux-mêmes auditionnent en même temps que nous.

MC : Quel type de candidats recherchez-vous?

AB : Des élèves qui sont hyper motivés, qui ont vraiment envie de danser et qui ont envie de faire une carrière en danse. Parce qu’ils dansent six jours sur sept. Dans le programme professionnel, cela varie entre trois et six heures par jour. Naturellement, ça prend aussi un physique pour faire de la danse, comme dans n’importe quel sport.

MC : Existe-t-il une différence entre le recrutement au ballet et le recrutement sportif?

AB : Ça ressemble beaucoup à ce qu’on fait. Il nous faut vraiment regarder le talent et les habiletés du jeune face à la danse classique, mais surtout sa motivation.

Crédit photo: Aktivioslo, Flickr

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