À la uneUQAMCommission Ménard: de la poudre aux yeux pour l’ASSE

Avatar Étienne Cournoyer3 octobre 20132 min

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) décide de boycotter la Commission spéciale d’examen sur les évènements du printemps érable, et réclame une enquête publique et indépendante sur la répression policière.

L’ASSE affirme que sa participation aurait pu être envisagée si le gouvernement Marois avait fait preuve de plus de transparence. «Si les nominations avaient été moins partisanes et que la Commission avait été entièrement publique, nous aurions été ouverts au compromis et aurions considéré participer à la commission d’examen», justifie le porte-parole de l’ASSE, Justin Arcand. Le fait que certaines rencontres de la Commission se déroulent à huis clos est fortement décrié au sein de l’organisation. «Quel que soit le mandat de cette Commission, le huis clos est inacceptable», affirme l’adjointe à l’exécutif de l’AFESH, association membre de l’ASSE, Florianne Philippe-Beauchamp.

D’après l’ASSE, cette commission cherche à faire taire les débats sur le printemps 2012. «Cela s’inscrit parfaitement dans l’idéologie péquiste, qui poursuit les politiques d’austérité libérales, mais de manière plus subtile, entre autres par l’indexation de certains tarifs», dénonce Justin Arcand. La communication entre les associations étudiantes et le gouvernement ne s’est pas améliorée avec la venue au pouvoir du gouvernement péquiste, selon l’AFESH. «C’est du pareil au même», déplore Florianne Philippe-Beauchamp.

Dans ces conditions, une enquête publique et indépendante reste la solution privilégiée par l’ASSE. L’un des désirs de l’organisation serait la mise en place d’une instance de surveillance permanente sur la brutalité policière au terme de cette enquête. «L’outil majeur qui manque à cette Commission est un pouvoir de contrainte à témoigner», ajoute Justin Arcand.

La Fédération Universitaire du Québec ne partage pas entièrement la position de l’ASSE. «On aurait souhaité une commission d’enquête, mais une commission d’examen est un premier pas, même si c’est loin d’être parfait», soutient le président de la FEUQ, Antoine Genest-Grégoire. Même si elle affirme ne pas juger les décisions prises par les autres associations, la FEUQ trouve important de faire acte de présence. «Il faut faire un retour sur ces évènements pour qu’ils ne soient pas oubliés», ajoute le président.

L’ancien porte-parole de l’ASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a lui aussi affirmé qu’il ne prendrait pas part aux travaux de la commission. «Bien que Gabriel n’ait plus de fonctions dans l’ASSE, il a tout de même été la voix principale de notre organisation pendant la période étudiée par la Commission, rappelle Justin Arcand. Ça nous aurait placé dans une zone grise».

L’ASSE ne se prononcera officiellement sur la Commission Ménard que le 25 octobre prochain. «Nous n’avons pas pu aborder le sujet de la Commission Ménard, car notre dernier congrès a eu lieu avant l’annonce de la création de la Commission d’examen», explique Justin Arcand. D’ici là, l’ASSE continuera de réclamer une commission d’enquête publique, mais aucun moyen de pression ne sera mis en oeuvre en ce sens. «Dans les prochains mois, on va surtout se concentrer sur l’indexation des tarifs d’Hydro-Québec et des frais de scolarité», déclare le porte-parole.

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