À la uneBaromètreBienvenue dans l’espace

Avatar Emile Mercille Brunelle7 octobre 20132 min

Il suffit d’avoir vu l’exceptionnel Children of men pour convenir que le cinéaste Alfonso Cuar‪ón est un incontournable dans le domaine de la science-fiction, en matière de suspense autant qu’en symbolisme. Alors que son précédent opus se voulait plus philosophique en proposant une version hypothétique et apocalyptique du futur, son nouveau film Gravity se concentre sur l’expérience horrifiante vécue par deux astronautes perdus dans l’espace. L’intrigue, servie par des dialogues rares mais sans faux pas, demeure prosaïque. La portée métaphysique d’un 2001 : Odyssée de l’espace est ici totalement absente. Le cinéaste se concentre essentiellement sur un suspense de qualité supérieure, extrêmement efficace.

La tâche était colossale pour George Clooney et Sandra Bullock, les seuls comédiens du film. Ensemble, ils devaient réussir à créer une intimité convaincante à laquelle l’auditoire pouvait se rattacher pendant 90 minutes. La mission est partiellement réussie. Là où l’interprétation fait défaut, la prodigieuse mise en scène vient sauver la mise à chaque fois.

Un grave accident laisse en dérive dans l’espace deux astronautes, qui doivent absolument faire équipe pour s’en sortir. Leur réserve d’oxygène s’épuisant rapidement, ils doivent rapidement atteindre un satellite russe à l’aide d’un fauteuil à propulsion pour espérer envoyer un appel de détresse.

Sandra Bullock, dont la validité de l’Oscar gagné en 2010 pour The blind side est encore aujourd’hui très contestable, livre une performance fidèle à elle-même et offre une interprétation émotionnellement limitée. Les points faibles du film demeurent les scènes où l’actrice doit livrer un combat psychologique pour ne pas perdre son sang-froid. C’est alors que l’auditoire ne suit plus le périple de l’ingénieure médicale Ryan Stone, mais bien celui de Sandra Bullock. Les récurrences superficielles de ses interprétations peuvent s’avérer fort agaçantes, en remémorant constamment le rôle que la comédienne interprète à la limite de son talent.

La réalisation est cependant impeccable, et propose à l’auditoire une expérience d’immersion dans l’espace absolument fascinante. Le cinéaste réussit avec brio à mettre en scène des séquences magnifiques et d’autres qui atteignent des sommets de tension spaciales jamais abordées dans l’histoire du cinéma. En ce sens, Gravity est une expérience irrésistible, malgré le registre limité de Sandra Bullock.

Gravity, Alfonso Cuar‪ón, États-Unis, Angleterre, 90 minutes, à l’affiche depuis le 4 octobre.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *