BaromètreNon classéLe prix des mots vaut son pesant d’or

Anne Michèle Caty-Vermette20 novembre 20122 min

Présenté dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, Le prix des mots suit le long et sinueux parcours de l’auteur de Noir Canada, Alain Deneault et son éditeur, Écosociété, dans une poursuite contre les compagnies minières canadiennes Barrick Gold et Banro. Le réalisateur Julien Fréchette a fait le pari de suivre avec sa caméra la partie défenderesse dans cette poursuite qui aura duré au total quatre années et demi.

Petite remise en contexte. En 2008, Écosociété publie l’essai d’Alain Deneault portant sur les agissements controversés des compagnies minières canadiennes en Afrique. Peu de temps après, Barrick Gold et Banro déclenchent une poursuite judiciaire, affirmant que l’essai contient des propos diffamatoires à l’égard de leur compagnie. La compagnie poursuit la petite maison d’édition pour 25 fois son chiffre d’affaires, c’est-à-dire quelques millions de dollars. Acculé au pied du mur, l’éditeur et l’auteur ne jettent pas les armes et décident de se battre pour leur liberté d’expression. Pour la petite compagnie et son auteur, cela équivaut à une poursuite bâillon et c’est ce qu’ils tenteront de démonter pour se défendre.

Le procès s’étant étalé sur plusieurs années, Julien Fréchette possède beaucoup de matériel afin de réaliser ce documentaire, qui au final est d’une durée d’à peine 77 minutes. C’est plutôt court pour de si grands enjeux judiciaires, que le public doit gober à toute vitesse.

Afin que les spectateurs comprennent toutes les subtilités des termes juridiques, le réalisateur a opté pour une narration écrite plutôt que parlée. C’est un choix parfois difficile pour les yeux, qui ne peuvent rater une seconde de texte. Cela permet toutefois une meilleure compréhension des enjeux.

La richesse de ce documentaire se retrouve dans le sentiment de longue chute et de déchéance, facilement perceptible, que l’auteur vit durant ces quatre années.  Évidemment – et heureusement – le réalisateur ne dévoile le dénouement du procès qu’à la toute fin du film, pour ne pas garder le public sur sa faim!

Le prix des mots, Julien Fréchette, en salle au Québec à partir du 8 février 2013.

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