BaromètreCultureDroit au but

Avatar Simon Dansereau29 avril 20122 min

Paul Arcand ne manque pas son coup avec son troisième documentaire, Dérapages: il va droit au but. Il démontre avec efficacité, avec un ton ni complaisant ni moralisateur les ravages que peuvent causer la vitesse au volant chez les jeunes. Le long métrage plonge le spectateur dans l’univers des 16-24 ans avides de vitesse et d’adrénaline et leur donne toute la parole.

Antidote 10

Au plan technique, Arcand réussit à capter l’attention du spectateur par des images tantôt spectaculaires, tantôt choquantes mais aussi très touchantes. Les prises de vue sont souvent saisissantes, accentuant ainsi le réalisme de ce qui est présenté. Le film est soutenu grâce à un montage bien dosé. Il laisse ainsi au spectateur le temps de reprendre son souffle à travers les scènes spectaculaires. Le tout est ficelé par une bonne trame sonore à l’image du sujet présenté: trépidante et joyeuse au début, mais lente et tragique à la fin.

La caméra de Paul Arcand capte bien l’émotion des gens venus témoigner. Les gros plans et les zooms lents transmettent avec sincérité la douleur vécue par ces individus. J’ai été fort ému. La narration est bonne, toutefois, elle aurait gagné à être plus présente entre les témoignages, pour y donner un meilleur fil conducteur. Selon moi, ce manque de narration le rend incomplet. Malgré ses grandes qualités cinématographiques, certaines longueurs égarent le spectateur vers la fin.

Il reste que le propos est d’une grande pertinence. Mettre de côté les experts puis laisser les victimes d’accidents de la route et leurs proches s’exprimer est un choix judicieux. Le documentaire, en salle depuis le 27 avril, est très vrai et émouvant. La démonstration routière de Jacques Villeneuve est fort intéressante pour montrer que les impacts de la vitesse sur nos routes sont réels. Le documentaire fait vraiment réfléchir sur les risques encourus par l’alcool au volant et la vitesse excessive. Il est un excellent outil de sensibilisation. Ce film se doit d’être vu par tous.

Dérapages (Québec), 94 minutes.
Au cinéma depuis le 27 avril

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