Non classéCultiver son jardin au Centre de Design

Plus que quelques jours pour aller visiter l’exposition Cultiver son jardin/Minding the Garden [phase 2] au Centre de design de l’UQAM. Réalisée par le collectif d’artistes BGL, cette œuvre tient son inspiration des Jardins de la ville de Métis, en Gaspésie. Pour le 11e anniversaire du Festival international des jardins de Métis, Emmanuelle Vieira, directrice artistique de l’événement estival annuel, a voulu faire découvrir le rendez-vous aux uqamiens.
Photo: Myriam Lemay
 
 
Lancé en juin 2000 et se déroulant dans la région du Bas Saint-Laurent, le Festival international des jardins de Métis compte parmi les festivals de jardins les plus importants à l’échelle internationale. L’exposition en cours à l’UQAM jusqu’au 16 janvier 2011 est la première collaboration en dehors de la Gaspésie. Elle s’inscrit dans la démarche de l’exposition tenue au cours de l’été 2009 à Métis présentant un inventaire d’artéfacts des jardins défunts.
 
Le collectif d’artistes BGL, originaire de Québec, a participé à deux reprises au festival. Il a été invité par Emmanuelle Vieira, directrice artistique de l’évènement, à concevoir un aménagement pour recréer l’esprit de Métis. Les trois membres, Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière, se sont plongés dans l’univers du laboratoire-jardin pour créer une exposition à mi-chemin entre l’architecture, l’art visuel et le design. Le collectif de la relève, demi-finaliste du prix artistique Sobey 2010, a eu pour la première fois à composer avec des végétaux. «Il y a un éloge de la matière qui revient dans tous nos projets, mais on n’avait jamais travaillé avec du vivant et c’était tout un défi», précisent-ils. 
 
Des bosquets, des arbres déterrés et des bulbes émergents prennent racine dans d’immenses bacs à fleurs donnés par la Ville de Montréal. Des détails tels des verres de champagne souillés ou des guimauves brûlées par un feu imaginaire et collées aux branches d’arbre en font une exposition toute en expérimentation. «On voulait que le visiteur puisse toucher le jardin, ressentir des émotions dans une exposition immersive», explique l’initiatrice du projet, Emmanuelle Vieira.
 
L’œuvre principale Hivernation 3D transporte le jardin à l’intérieur pour l’hiver, comme son titre le suggère. Tout autour, un ruban d’images et de textes retrace les projets antérieurs du Festival international des jardins de Métis. De la neige artificielle rappelle la thématique de l’hivernation, alors que des bulbes, plantés quelques jours avant le vernissage, fleurissent pour offrir un contraste. «Normalement, durant la saison froide, les plantes meurent et ici, on recrée la vie», commente Emmanuelle Vieira.
 
Les trois artistes de BGL ont produit un écosystème à la fois naturel et artificiel. Peignant les arbres et semant des graines, ils ont aussi simulé la vie en détournant les bouches d’aération du Centre de design de l’UQAM pour faire frémir des feuilles synthétiques. «Notre intention était d’utiliser la ventilation pour faire bouger nos sculptures. On voulait greffer notre intervention aux lieux pour la rendre plus énigmatique», insiste BGL.

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