À la uneSociétéAudrey Boisjoly : la relève au municipal

Michaël Laforest22 novembre 20174 min

Élue à la mairie de Saint-Félix-de-Valois le 5 novembre à tout juste 26 ans, Audrey Boisjoly, ancienne étudiante au baccalauréat en gestion publique de l’UQAM, compte bien prouver que jeunesse et politique font bon ménage.

« Je voulais montrer que les jeunes avaient une place au niveau municipal, en tant que femme également », affirme celle qui l’a emporté avec 53,9 % des voix dans une course à quatre candidats. Audrey Boisjoly n’a pas été surprise par cette victoire, mais elle ne s’attendait certainement pas à obtenir un pourcentage aussi élevé. L’ancienne étudiante avait la ferme conviction de pouvoir « apporter de nouvelles idées et répondre aux besoins de la population ».

Audrey Boisjoly a donc saisi l’occasion, par amour pour Saint-Félix-de-Valois, mais aussi par amour pour la politique, spécialement au niveau municipal. « La gouvernance d’une municipalité, c’est une gouvernance de proximité, c’est de la politique qui est très près des gens, très humaine, c’est ce que j’aime », révèle celle qui a aussi occupé le poste d’attachée politique pour le député de Berthier, André Villeneuve, pendant un an.

La mairesse voulait apporter du concret, quelque chose qui aurait des répercussions immédiates sur le quotidien de la municipalité. Audrey Boisjoly a l’impression que la politique municipale est délaissée, alors que « c’est celle qui amène le plus de changements », croit l’ancienne étudiante de l’UQAM.

Le pouvoir au citoyen

Les citoyens de Saint-Félix-de-Valois sont au cœur des préoccupations de la nouvelle mairesse. La jeune politicienne veut apporter du changement, de nouvelles idées. « Ça va être différent de la façon dont Saint-Félix a été gérée par le passé », s’enthousiasme la nouvelle élue.

« Notre système démocratique, on voit qu’il est en échec, les pourcentages de participation sont relativement faibles, surtout au municipal, affirme-t-elle. Les gens sont un peu blasés de la politique de nos jours. »

Son but premier est de redonner le goût au citoyen de s’investir en politique. C’est pour cette raison qu’elle souhaite introduire un budget participatif, qui permettrait aux citoyens de soumettre leurs propres projets. Elle veut amener « plus d’implication citoyenne, plus de partage du pouvoir avec les citoyens, plus d’écoute » dans la municipalité.  

Une écoute à laquelle la jeune femme n’est pas étrangère. « C’est quelqu’un qui veut comprendre », affirme son amie et collègue de classe, Naoual El Guezzari. Évoquant les discussions de son groupe d’amies, Naoual El Guezzari se souvient que la mairesse ne s’arrêtait pas sur ses idées et qu’elle essayait toujours de comprendre le point de vue des autres. « L’écoute, c’est une de ses forces », lâche son père, André Boisjoly, résolument fier de la victoire de sa fille à l’élection du 5 novembre.

La politique autour de la table

Ce n’est pas par hasard qu’Audrey Boisjoly s’est présentée à la mairie de sa ville. Depuis sa plus tendre enfance, la politique « fait partie des discussions courantes », se souvient la mairesse.

Audrey Boisjoly confie que c’est surtout grâce son père, qui a poursuivi un baccalauréat en sciences politiques, qu’elle a développé cette passion. Son père a toujours été un avide lecteur, tout comme sa fille qui trouvait toujours le temps de lire autre chose que les ouvrages obligatoires à l’Université, confie sa collègue de classe. « Au secondaire, je savais déjà que je voulais aller en sciences politiques et travailler dans ce domaine-là », affirme-t-elle.

Un but qui l’a suivi jusqu’à l’université, où la jeune élue était une étudiante à son affaire, informée et allumée. « Surtout quand on discutait de politique », rapporte Naoual El Guezzari. Alors étudiante, elle jonglait entre les salles de classe, sa passion et son patelin, qu’elle visitait chaque semaine. « Elle n’aimait pas trop rester à Montréal, elle retournait à Saint-Félix-de-Valois le weekend. Elle avait besoin de se ressourcer dans son village, dans son monde », confie Naoual El Guezzari.

De la politique, « elle en mange », affirme son amie, et c’est son met préféré. De la table de son enfance à la mairie de Saint-Félix-de-Valois, la passion de la jeune femme est restée la même.

 

photo: GRACIEUSETÉ AUDREY BOISJOLY

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