À la uneSociétéL’équipe de sports électroniques de l’UQAM en quête de reconnaissance

Julien Latraverse12 avril 20174 min

Le club de sports électroniques de l’UQAM, le Bleu Blanc Bleu, s’est taillé une place dans la première ligue scolaire de sports électroniques du Québec au début du mois d’avril. Il s’agit d’une victoire significative pour l’équipe qui rêve d’être un jour reconnue au même titre que les Citadins.

Le tournoi de qualification de la Ligue Cyber Espoirs (LCE) était organisé par la Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE). Vingt équipes issues d’établissements postsecondaires s’affrontaient au jeu de tir à la première personne Overwatch pour se classer dans la Division 1 qui n’a que huit places.

Le vice-président aux communications du Bleu Blanc Bleu, Jean-Simon Bonneterre, se réjouit de voir son club rejoindre cette division. « Tout le monde peut accéder à la Division 2, mais pour la 1, il faut vraiment avoir un bon niveau de jeu », précise-t-il.

Légitimer le sport électronique aux yeux des universités

L’exploit de l’organisation étudiante est lourd en symbolique, explique Jean-Simon Bonneterre. « En se classant, on va chercher beaucoup de crédibilité auprès de l’UQAM en démontrant que nous sommes une équipe compétitive qui a des résultats. C’est une très grosse étape pour nous. Surtout si nous voulons un jour rejoindre une équipe sportive universitaire comme les Citadins. » L’accréditation le 13 février dernier du Bleu Blanc Bleu en tant qu’association étudiante par l’UQAM est un pas de plus dans vers l’atteinte de ce but. Le directeur du Centre sportif de l’université du Quartier Latin, Jean-Pierre Hamel, expose qu’il reste toutefois encore du chemin avant de voir une équipe des Citadins dédiée au sport électronique. « Le plus gros obstacle reste que le sport électronique n’est toujours pas reconnu par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) comme étant un véritable sport. », signale M. Hamel.

Le directeur admet aussi qu’il existe aussi d’autres facteurs à considérer. D’une part, il faut s’assurer de la pérennité du phénomène et que la structure offerte aux étudiants les supporte adéquatement. Il y a aussi l’enjeu philosophique derrière cette lutte pour la reconnaissance. « C’est une question vraiment épineuse, car elle nous force à nous demander : “qu’est-ce qui définit une discipline en tant que sport?” », avoue-t-il.

Jean-Pierre Hamel reste néanmoins rassurant pour la cause du Bleu Blanc Bleu et de la FQSE. Ce dernier rappelle l’exemple du cheerleading qui n’est reconnu par la RSEQ que depuis 2008. « Au début, on pratiquait le cheerleading seulement dans les associations étudiantes, comme c’est le cas actuellement pour le sport électronique. Or, la reconnaissance de la RSEQ et la demande élevée des étudiants pour pratiquer la discipline font que nous avons aujourd’hui une équipe des Citadins pour le cheerleading », nuance-t-il.

Les bénéfices d’un possible endossement par les universités seraient énormes, estime le vice-président de la FQSE, François Savard. « La crédibilité qu’on gagne en étant reconnu par une université a beaucoup plus d’impact auprès de la communauté locale que celui d’une compagnie privée. Par exemple, un diplômé ou un ancien diplômé de l’Université Laval se souvient de l’existence du Rouge et Or en plus de comprendre le niveau qu’il faut pour rejoindre l’organisation. Il le fera aussi s’il y a un Rouge et Or de League of Legends ou de CS:GO [Counter-Strike: Global Offensive] ».

Si les universités tardent à se doter d’une équipe dédiée à l’eSports, le cégep de Matane est quant à lui en avance sur son temps. C’est l’unique établissement d’enseignement supérieur francophone qui offre un programme de sports électroniques avec une structure identique à celle d’une équipe sportive au Québec.

À l’aube du changement

Le développement de la scène du sport électronique est plus lent au Québec lorsqu’on le compare à celui des États-Unis ou de l’Europe. Le vice-président de la FQSE, Dawei Ding, affirme que le Québec s’apprête pourtant à vivre une forte poussée de croissance. « Ces deux dernières années, l’eSport québécois a connu de grands changements et je peux te confirmer qu’il va y avoir beaucoup d’autres qui s’en viennent en 2017 », avance-t-il . « Il y a 2 ans, je pensais que la création de la FQSE se ferait dans 10 ans! Qui sait à quoi va ressembler le sport électronique dans cinq ans? », ajoute François-Savard.

Le tournoi suscite bel et bien un engouement pour cette scène en plein développement, comme en témoigne le pic de visionnement à près de 740 personnes qui suivait en direct le dénouement du tournoi sur le site de streaming Twitch.tv. Reste à voir si l’intérêt pour la LCE et le sport électronique va persister jusqu’au début de la saison de la ligue en septembre prochain.

Photo: JEAN BALTHAZARD MONTRÉAL CAMPUS

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