À la uneSociétéUn après-Citadins à l’étranger?

Alexandre Moranville-Ouellet14 février 20174 min

Les athlètes des formations de basketball et de soccer des Citadins de l’UQAM disposent de moyens fort limités quand il s’agit de poursuivre leur carrière sportive professionnelle.

Le programme de sport d’excellence des Citadins représente près de 200 athlètes regroupés au sein de dix équipes sportives. Or, malgré leur grand nombre, peu des sportifs uqamiens réussiront véritablement à percer dans leur discipline à un niveau professionnel.

Le capitaine de la formation masculine de basketball des Citadins, Greishe Clerjuste, souhaite ardemment poursuivre sa passion sportive. « C’est sûr que j’aimerais en faire une carrière. J’ai envie d’aller tester le niveau des professionnels, de voir le calibre et de savoir si j’ai véritablement une chance dans ce monde-là », explique-t-il.

Si la compétition professionnelle intéresse le jeune homme, ce n’est pas au Québec ni même au Canada qu’il ne pourra y accéder. « Au pays, il n’y a qu’une seule ligue professionnelle de basketball et le nombre de places y est extrêmement limité, relate-t-il. Ce n’est pas comme en France, par exemple, où l’on compte pas moins de cinq ligues de ce calibre. »

Les anciens Citadins sont nombreux à s’être expatriés pour percer dans leur discipline. À l’instar d’Armel Dagrou, qui évolue maintenant au sein de l’équipe nationale de soccer du Burundi ou encore de Camille Michaud, qui fait partie de l’équipe de basketball de Saumur en France, peu d’athlètes diplômés de l’UQAM demeurent au Canada.

Un problème d’institutions

« Le championnat canadien pourrait être beaucoup plus fort s’il n’y avait pas une vague d’émigration très importante vers les États-Unis », explique Djassam Bouin, cofondateur de BK Sports Agency, une agence de repêchage internationale de joueurs de basketball. « Ça m’arrive souvent d’aller voir des joueurs canadiens, mais qui jouent aux États-Unis, poursuit-il. S’ils estiment qu’il faut aller là-bas, c’est qu’ils croient qu’il n’y a pas les structures, les techniciens et la visibilité nécessaire pour les faire évoluer au Canada. »

Des problèmes structurels persistent, mais on constate également un manque de débouchés dans certains sports, tel le soccer féminin. Une réalité que déplore l’entraîneur-chef de l’équipe féminine de soccer des Citadins, Alexandre da Rocha. « Le problème, c’est qu’il n’existe pas de ligue semi-pro de filles en ce moment au Québec », analyse-t-il, ajoutant que trois équipes de l’Ontario ont déjà confirmé leur intérêt de fonder un pendant féminin à la Première ligue de soccer du Québec (ou PLSQ) à l’été 2018.

Rivaliser avec nos voisins

« Les Canadiens ne bénéficient pas d’un statut particulier en Europe, où les équipes ont un quota d’environ cinq joueurs étrangers par équipe. Ils se retrouvent donc en concurrence directe avec les Américains, et c’est donc très dur de percer », affirme M. Bouin, qui croit également que les Citadins n’ont pas un calendrier assez intéressant pour attirer l’œil des grandes équipes.

« L’équipe de l’UQAM ne joue que contre quatre ou cinq équipes dans l’année. Il faut avoir un budget qui va élargir le calendrier, leur permettre de jouer contre des équipes de la côte ouest, par exemple », suggère-t-il.

Même son de cloche du côté d’Alexandre da Rocha, qui est conscient de l’hégémonie américaine. « Lorsqu’une équipe américaine repêche une Canadienne, elle ne choisit que les meilleures, celles qui ont une visibilité nationale et qui jouent depuis un bout, ce qui ne laisse pas beaucoup de places pour mes joueuses », mentionne-t-il.

Quoi qu’il en soit, il en faudra plus pour décourager Greishe Clerjuste, qui a les yeux rivés vers l’étranger. « Je crois que toute l’équipe de basketball a de bonnes chances d’être repêchée. Jouer à l’extérieur du pays, c’est une opportunité que je veux saisir pas seulement pour jouer au professionnel, mais pour l’expérience en elle-même » explique l’athlète de 23 ans. 

M. Bouin se fait également optimiste quant à l’avenir athlétique du pays. « C’est vraiment une bonne occasion pour les équipes sportives évoluant au Canada. Cela dépend de comment ils vont gérer les championnats universitaires et de comment ils vont faire pour retenir le talent », conclut-il.

Photo: CATHERINE LEGAULT

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