UQAMUn collectif tricoté serré

Marie Kirouac-Poirier1 avril 20122 min

12 h 30, l’Agora de l’UQAM. Armé d’aiguilles et de laine rouge, le collectif Maille à Part investit les lieux. Une maille à la fois, des étoffes sont élaborées pour taguer la ville de rouge, symbole de la lutte étudiante contre le dégel des frais de scolarité.

Maille à part est un patchwork d’une dizaine d’individus tricotés si serrés qu’on ne peut pas les identifier. Ayant pris de l’expansion avec le début du mouvement de contestation étudiante, le groupe de tricots-graffiteurs uqamiens tricote en rouge pour afficher son mécontentement à travers la ville.

Depuis sa conception, Maille à part se préoccupe de faire vivre les espaces publics. Le collectif communautaire est ouvert à tous et croit avec conviction que «la ville, c’est les gens qui la constituent».

En plus d’une courtepointe géante aux couleurs de la colère étudiante, Maille à part a plusieurs tags à son actif à Montréal. Dans les derniers jours, les trois statues à la Place Marguerite Bourgeoys ont été habillées de chandails de laine arborant le carré rouge. La sainte, fondatrice de la première école publique en Amérique du Nord, était une cible de choix pour le collectif.
Le tricot pour la cause
Assis par terre dans l’Agora de l’UQAM, les idées fusent et les aiguilles dansent. On tricote des carrés rouges pour son usage personnel ou pour les ajouter à la grande courtepointe qui fait parfois acte de présence dans les manifestations. Montréal Campus a rencontré Maille à Part à la veille de la Grande mascarade, manifestation masquée contre la hausse des frais de scolarité, où masques et cagoules en laine étaient alors confectionnés.

Le collectif garde certaines causes sociales bien au chaud. Entre les revendications autochtones et la lutte anticapitaliste, on crochète le féminisme. «Le tricot est traditionnellement féminin, mais tout le monde peut en faire», explique un membre du groupe qui préfère préserver l’anonymat dans une optique de non-hiérarchisation du collectif.

Entre les aiguilles qui s’agitent, les mots filent. Selon l’un des membres, les mercredis-tricots se veulent un espace de discussion. «Ici, les gens qui ne sont pas à l’aise dans les lieux de débat peuvent parler.»

Le tricot-graffiti, ou Yarn Bombing en anglais, a vu le jour au Texas, dessous les aiguilles de Magda Sayeg.Considéré comme un art de rue, ce nouveau moyen d’expression a vite pris une ampleur internationale. Montréal a d’ailleurs son lot de collectifs ou d’artistes indépendants, tels que les Villes-Laines, Tricot-Pirate, Capitaine Crochet ou Knitty-Gritty.

Crédit photos: Marie Kirouac-Poirier et Maille à part

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