L’implant sous-cutané est la méthode contraceptive la plus efficace approuvée par Santé Canada. Toutefois, pas plus de 0,2 % des Québécoises utilisaient cette méthode en 2021. Le Montréal Campus est allé à la rencontre de celles qui ont adopté l’implant pour le meilleur ou pour le pire.
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Le Régime d’assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre présentement une partie de la prescription de l’implant sous-cutané. Le prix unitaire du dispositif de 4 centimètres efficace pendant 3 ans demeure 285 $, si l’on compte seulement la couverture offerte par la RAMQ. Les utilisatrices doivent se faire prescrire l’implant et ensuite aller le faire poser par un(e) professionnel(le) de la santé, un service qui varie en coût selon la clinique visitée.
Nathalia Deroy, une jeune femme de 24 ans, a opté pour l’implant sous-cutané en 2023 et elle ne ressent aucun effet indésirable. Toutefois, « ce n’est pas tout le monde qui va réagir de la même façon, mentionne-t-elle.
Mon corps s’est adapté à [l’implant], mais d’autres filles pourraient avoir des effets désagréables, comme prendre du poids ou avoir des boutons. » Elle préfère cette méthode à la pilule contraceptive, qui lui donnait plus d’effets secondaires, comme l’acné, effet qu’elle n’a pas avec l’implant.
Expériences diverses
L’expérience de Nathalia est semblable à celle de Maude Bellerive, étudiante de 19 ans en sciences de la nature dans un cégep des Laurentides. Pour cette dernière, l’implant est sa toute première méthode contraceptive et elle le changerait « pour rien au monde ».
Selon elle, ce dispositif est « moins invasif » que le stérilet et « plus esthétique » que le timbre. « J’oublie qu’il est là », dit-elle en montrant le petit bâtonnet inséré sous la première couche de la peau, appelée l’épiderme.
Tout comme Nathalia, Maude affirme ne ressentir aucun effet indésirable et elle souligne qu’elle n’a plus de menstruations. « Ça n’arrive qu’aux quelques mois et ça ne dure que deux jours maximum », explique-t-elle.
« J’oublie qu’il est là »
Maude Bellerive, étudiante de 19 ans qui utilise l’implant contraceptif
Pour Kathena Lapointe, une jeune femme de 24 ans, l’expérience n’a pas été aussi plaisante. La pose de son implant en mars 2024 a été extrêmement douloureuse, « puisqu’il a été mis trop en surface » de sa peau. Même si le bâtonnet contraceptif a été mal installé, et l’est encore aujourd’hui, Kathena ne ressent plus d’effets secondaires indésirables à ce jour.
Guillaume Théoret, infirmier praticien spécialisé en soins de première ligne chez les cliniques privées Praxis, qui offrent l’implantation sous-cutanée, souligne que seules 0,25 % des opérations de l’implant sous-cutané ne sont pas réussies, parce qu’il a mal été installé.
Arianne Beaulieu a également eu recours à l’implant sous-cutané en 2024. Malheureusement pour l’étudiante au Baccalauréat en histoire à l’UQAM, elle a dû enlever son implant en août de la même année. Elle s’est retrouvée en consultation d’urgence après avoir eu des menstruations pendant 88 jours consécutifs. « J’avais l’impression d’avoir un intrus dans mon bras, comme si mon corps rejetait quelque chose », décrit Arianne.
Les assurances personnelles de la jeune femme n’ont aucunement remboursé sa prescription, donc sa facture s’élevait à près de 300 $. « Cette expérience m’a profondément marquée », confie-t-elle.
Pourquoi l’implant est-il si peu connu?
Environ 0,2 % des femmes du Québec optaient pour cette méthode contraceptive en 2020-2021, selon l’Enquête québécoise de la santé de la population. Ce taux est cependant une « estimation imprécise, fournie à type d’indicatif seulement », peut-on lire dans ce rapport publié tous les six ans. À l’époque, l’implant venait tout juste d’apparaître sur le marché canadien.
Guillaume Théoret estime que cette méthode contraceptive est parfaite « pour celles qui veulent une contraception sur le long terme, sans avoir à se préoccuper de doses quotidiennes ou mensuelles ». Il avance que, puisque l’accès à l’implant comme contraception est relativement nouveau au Canada, les utilisatrices ne sont pas encore poussées à l’explorer.
« Cette méthode est surtout connue des femmes qui ne peuvent pas prendre d’œstrogène à cause, entre autres, de problèmes cardiaques », explique-t-il. Il rappelle que l’implant sous-cutané est disponible pour toutes les Québécoises le désirant.
« L’implant a besoin de temps pour se faire connaître des utilisatrices », croit pour sa part Marie-Ève Murray, qui est gynécologue à Montréal.
« Je n’ai jamais entendu parler de l’implant dans mes cours de sexualité au secondaire », déplore Maude Bellerive. La Dre Murray appuie également cette affirmation et affirme que le système d’éducation est la première porte d’entrée pour faire connaître la méthode contraceptive auprès des jeunes.
M. Théoret avance que « le nombre d’utilisatrices va augmenter d’ici quelques années » au fur et à mesure que « l’efficacité » et la « simplicité » de cette méthode contraceptive augmenteront.



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