Changement de garde aux résidences de l’UQAM

Les résidences universitaires passeront entre les mains de la Société immobilière de l’Université du Québec (SIUQ) dès le 4 mai après 5 ans sous la gouverne de la compagnie immobilière privée Alfid. L’UQAM assure que ce « changement » sera perceptible dans la gestion des résidences.

La compagnie immobilière Alfid, aux commandes depuis 2021, assurera la gestion des résidences de l’Est et de l’Ouest jusqu’à la passation à la SIUQ. L’organisme à but non lucratif (OBNL) gère déjà certaines résidences du réseau de l’Université du Québec (UQ), notamment à Trois-Rivières, à Québec et à Val-D’Or.

L’UQAM en était à sa dernière année de contrat avec le groupe Alfid et des clauses dans celui-ci lui permettaient d’y mettre fin sans pénalités financières. 

Le vice-recteur à l’administration et aux finances de l’UQAM, Guy-Joffroy Lord, chargé du dossier, mentionne qu’il y aura du changement dans la gestion et dans la réception de demandes des étudiant(e)s. « On fait affaire avec des gens qui sont spécialisés dans les résidences étudiantes et qui valorisent l’expérience étudiante », reconnaît-il. 

Toujours selon M. Lord, un poste de gestionnaire sera notamment créé pour s’occuper de tout ce qui concerne les résidences étudiantes de l’UQAM. La personne relèvera directement de la SIUQ, mais l’UQAM participera à son embauche.

Les résidences de l’UQAM ont été critiquées par le passé pour leur manque de salubrité, la présence d’insectes et pour la communication difficile entre les étudiant(e)s et les gestionnaires. Armineh Rahmanian, une étudiante qui habite dans les résidences Saint-Urbain, mentionne qu’elle n’a pas de problème avec son logement, mais que la propreté des espaces communs laisse à désirer. « La buanderie est souvent sale et les machines ont tendance à briser rapidement », ajoute-t-elle. 

Un changement stratégique

Avec l’ajout de l’UQAM dans l’éventail des universités dont les résidences étudiantes sont desservies par la SIUQ, la firme immobilière se retrouve maintenant avec une offre de 2500 chambres à travers 7 villes du Québec. Au total, 70 % du logement étudiant du réseau Université du Québec (UQ) est géré par la SIUQ, mentionne Jean-Sébastien Gohier, directeur des infrastructures et des actifs immobiliers de la SIUQ. 

La SIUQ espère ainsi que l’ajout de l’UQAM dans le réseau sera un bon levier pour demander, dans le futur, au gouvernement québécois d’investir dans des projets de logements étudiants. « C’est dans notre plan stratégique, on veut augmenter l’offre en logements étudiants partout au Québec, affirme M. Gohier. En augmentant le nombre de chambres en gestion, ça vient donner une meilleure crédibilité à notre plan de match. »

Le vice-recteur abonde dans le même sens en affirmant que « c’est définitivement un levier pour développer de nouveaux projets et avoir plus de fonds » de la part de Québec. 

Pour le vice-recteur, lepartenariat avec la SIUQ est d’abord et avant tout l’occasion de s’associer avec une firme partenaire plutôt qu’avec un fournisseur. « La SIUQ est une organisation publique. Elle ne cherche pas à générer des profits », explique M. Lord. Ainsi, les employé(e)s de l’UQAM pourront traiter des demandes techniques relatives aux résidences – par exemple, des demandes de travaux de plomberie – qui étaient auparavant traitées par les employé(e)s d’Alfid. L’Université dit aussi mettre en place un fonds de prévoyance, soit une réserve d’argent qui servira à financer des remplacements ou des réparations dans les résidences. 

M. Lord mentionne aussi que l’UQAM détient maintenant une place dans le conseil d’administration de la SIUQ. Malgré ses 927 chambres, l’UQAM est le plus gros établissement dans le portfolio de la SIUQ. D’après le vice-recteur, l’OBNL ne cherche pas à « piler sur les pieds des autres ». « On a déjà une culture de collaboration [avec les autres universités de l’UQ], c’est juste un autre élément qui s’ajoute à cette collaboration », renchérit Guy-Joffroy Lord. Contacté pour des commentaires sur le sujet, le groupe immobilier Alfid n’a pas souhaité répondre aux questions du Montréal Campus.

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