L’UQAM a cédé. Le recteur Stéphane Pallage a annoncé le 25 mars l’annulation des frais de poursuite aux cycles supérieurs et des frais technologiques. Cette décision met fin aux frais supplémentaires de 457,40 $ par session qui touchaient près de 700 étudiant(e)s depuis cet hiver. Le Montréal Campus vous explique ce qu’il faut savoir.
Tous les étudiant(e)s ayant déjà payé pour la session d’hiver 2026 seront automatiquement remboursé(e)s, a assuré le recteur par courriel. Interrogé le 2 avril dernier par le Montréal Campus, le recteur a admis que « l’instauration de ces frais de poursuite s’est faite sur des bases erronées ». S’il n’exclut pas de futures contributions pour pallier les besoins budgétaires de l’UQAM, il a promis qu’elles seront « légales » et établies en collaboration avec les associations étudiantes.
Ces « frais de poursuite » étaient exigés pour la session d’hiver aux étudiant(e)s à la maîtrise et au doctorat qui s’étaient acquittés de l’ensemble des crédits de leur programme, mais qui n’avaient pas encore déposé leur mémoire ou leur thèse.
« Victoire totale »
La décision de M. Pallage est survenue après deux jours de grève de plusieurs associations facultaires de l’UQAM. « C’est une victoire totale, mais c’est une victoire qui annonce une lutte à venir », a déclaré Jacynthe Lussier, représentante étudiante au conseil d’administration (CA) de l’UQAM. Pour elle, l’UQAM n’a pas renoncé à imposer de nouvelles charges pour éponger son déficit.
Quelles associations facultaires étaient en grève?
- Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED)
- Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH)
- Association facultaire étudiante des arts (AFEA)
- Association des étudiants et étudiantes de la Faculté des sciences de l’Éducation (ADEESE)
La colère était palpable du côté des associations étudiantes depuis le début de la grève. Bannières déployées, sofas et tables avaient été installés pendant près d’une semaine au centre de l’agora du pavillon Judith-Jasmin. L’ambiance était résolument militante. « On déteste le recteur! On déteste le recteur! », avaient scandé lundi midi des dizaines d’étudiant(e)s, en direction du rectorat.
Tout de même, à la suite de la décision de l’annulation de ces frais, l’AFESH, l’AFESPED, l’ADEESE et l’AFEA ont maintenu la grève jusqu’à la tenue de leurs prochaines assemblées générales de reconduction. Les mandats de ces quatre associations étudiantes s’inscrivaient dans une contestation plus large des politiques d’austérité en éducation, portée par la Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale (CRUES).
Un « congé temporaire »
Si les étudiant(e)s dénonçaient l’apparition de « nouveaux frais », l’UQAM soutenait qu’il s’agissait plutôt de la fin d’un « congé temporaire ».
Or, dans son courriel envoyé le 24 mars, le recteur Stéphane Pallage a reconnu qu’après vérification, la décision de 2017 d’octroyer un congé de ces frais n’avait jamais fait l’objet d’une résolution formelle du CA de l’UQAM ou de son comité exécutif.
Depuis 2016, l’UQAM a augmenté le rythme de facturation. Concrètement, davantage de crédits sont facturés aux étudiant(e)s dès le début de leur cheminement scolaire, ce qui leur permet de ne plus avoir de frais à payer les dernières sessions de leur maîtrise ou de leur doctorat. Ainsi, plutôt que de payer 7,5 crédits par session, les étudiant(e)s déboursent 11,25 crédits par session.
L’UQAM a tenté d’imposer, à partir de l’été 2025, des « frais de poursuite » dès que tous les crédits nécessaires à l’obtention d’une maîtrise ou d’un doctorat avaient été payés.
Or, une résolution de 2007 stipule que ces frais de poursuite ne s’appliquent qu’au-delà de la « durée normale » des études et non dès la fin du paiement des crédits.
Une controverse amorcée à l’été 2025
À quelques semaines de la rentrée, des étudiant(e)s des cycles supérieurs avaient découvert une facture imprévue de 457,40 $ sur leur portail universitaire pour la session d’automne 2025. C’était justement l’ajout de ces frais de poursuite aux études aux cycles supérieurs.
À la suite des réactions étudiantes et d’une couverture médiatique dans Le Devoir cet automne, où le recteur Stéphane Pallage a reconnu un « glitch » de communication, l’instauration des frais avait été reportée à l’hiver 2026.Dans la foulée de la controverse, M. Pallage avait annoncé la mise en place d’un fonds de 100 000 $ pour soutenir les étudiant(e)s touché(e)s qui étaient dans une situation de précarité financière. Malgré l’annulation des frais, « le fonds sera maintenu et élargi à l’ensemble des étudiantes et étudiants en situation de précarité », a confirmé Jenny Desrochers, porte-parole de l’UQAM.



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