« Falcon Lake » : un amour de jeunesse au cœur des Laurentides 

Falcon Lake, premier film réalisé par l’actrice franco-canadienne Charlotte Le Bon, a été présenté en ouverture du 51e Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC) le 5 octobre dernier. Ce drame d’une heure et demie présente la relation estivale et ambiguë entre un adolescent et une adolescente.

Lors des vacances d’été, les familles de Chloé (Sara Montpetit) et de Bastien (Joseph Engel) se rendent dans un chalet au bord d’un lac situé dans les Laurentides. L’adolescent et l’adolescente ne se sont pas vu(e)s depuis près de deux ans et remarquent qu’il et elle se ressemblent plus qu’auparavant. Leur nouvelle amitié grandissante changera leur vision de la vie pour toujours.

À travers les scènes du film, qui sont à couper le souffle, les plans larges du paysage permettent de se connecter avec la nature et de se sentir au même endroit que les personnages. Le public peut admirer les Laurentides avec la présence de plans du lac à différents moments  de la journée. Le tout sert de fil conducteur à l’histoire.

Le public peut aussi remarquer que les éléments de décor ont été choisis avec soin. L’intérieur du chalet, par exemple, présente un esthétisme ancien et désordonné. Les deux protagonistes partagent leur chambre avec Titi (Thomas Laperrière), le jeune frère de Bastien. Les murs de la pièce sont couverts d’affiches et de dessins enfantins. La présence du thème de l’enfance concorde avec les personnalités des personnages et avec le ton du film. 

Un ton porté par les dialogues

Le jeu de la jeune distribution paraît très naturel et est représentatif du langage de plusieurs adolescents et adolescentes typiques. Les émotions des acteurs et actrices sont habilement véhiculées par le biais de nuances sur le plan des expressions et des mots choisis. Les termes employés par les jeunes protagonistes sont souvent moins bien compris par les adultes.

Le mélange du français et de l’anglais est un choix audacieux qui fonctionne adéquatement avec le film. D’un côté, Bastien, le plus jeune des prétendants de Chloé, est francophone. Le fait qu’il partage sa langue maternelle place Chloé dans sa zone de confort. D’un autre côté, Oliver (Anthony Therrien), le plus vieux de ses prétendants, est anglophone et représente pour la protagoniste la nouveauté, l’inconnu et le changement. 

Par les divers jeux de caméra, les silences, les dialogues et l’intrigue, le public se sent interpellé par les personnages de Chloé et de Bastien. Ce dernier fait son entrée dans l’adolescence et désire vivre de nouvelles expériences. Pour sa part, Chloé est au milieu de son adolescence et souhaite redevenir la petite fille pure qu’elle était. Cette dualité de caractère est intéressante à voir évoluer : les deux protagonistes désirent être à l’âge de l’un et de l’autre pour s’échapper de leur réalité.

Des concepts profonds explorés

La réalisatrice évoque le concept de la nostalgie à travers la fin de l’été vécue par des adolescents et adolescentes, lorsque la vie était « plus simple » et qu’il n’y avait pas de souci à se faire.

Le thème de la mort est central dans la vision de la vie qu’a Chloé, malgré son jeune âge. Elle raconte à plusieurs reprises qu’un fantôme rôde autour du lac, puisqu’une jeune fille s’y serait noyée. Elle explique à Bastien qu’il est possible de devenir un fantôme seulement si la mort est un accident. C’est une des nombreuses perspectives de la mort présentée dans Falcon Lake. Charlotte Le Bon établit plusieurs métaphores sur la vie après la mort et permet une interprétation unique à chaque spectateur et spectatrice. Falcon Lake réussit ainsi à garder l’intérêt du public tout au long de l’histoire.

Charlotte Le Bon a su conquérir des cœurs, faire verser une larme ou deux et faire ressentir des frissons grâce à l’intégrité de son film. Bien qu’elle ait décidé de le clore avec une fin ouverte, celle-ci se marie avec la trame narrative de l’œuvre et ne peut pas être mieux exécutée. Les dernières scènes concluent l’histoire sur une note plus positive et permettent au public de réfléchir sur le cours de sa vie. 

Après cette première au FNC, Falcon Lake sera diffusé en salle à partir du 14 octobre 2022.

Mention photo : Festival du nouveau cinéma

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