CultureFrancouvertes 2022 : les préliminaires tirent leur révérence

Noémie Rochefort1 avril 20223 min

L’ambiance du Cabaret Lion d’Or était moins vibrante qu’à l’habitude lors de cet important dernier soir de préliminaires des Francouvertes, le 30 mars. La petite foule a toutefois eu droit aux trois performances réchauffe-cœur de Michaëlle Richer, Gawbé et Dan-Georges Mckenzie.

Michaëlle Richer trouve son ancrage sur scène, avant même d’y placer une note. Son énergie stable, à la fois confiante et nonchalante, la caractérise et ne la quitte pas. Les arrangements rock-électro auxquels donnent vie ses musiciens se superposent et rebondissent les uns sur les autres ; Michaëlle est calme, peut-être même trop, telle une bouée dans une mer tempétueuse.

L’ambiance qu’installe le groupe est vaporeuse et enivrante. La voix de l’artiste semble en dissimuler plusieurs autres. Juste et polyvalente, elle s’agence aux moments doux tout comme à ceux que les synthétiseurs font vibrer.

Les squelettes des chansons sont généralement semblables. Les couplets préalables à une envolée rock, presque hypnotique, constituent une recette gagnante. Répétée, cette recette perd cependant de son charme. L’artiste sort de cette soirée de préliminaires avec une impressionnante deuxième place, signe que sa proposition pop-rock a séduit le public comme le jury.

Douceurs en innu-aimun

Dan-Georges Mckenzie, sur scène, est un véritable vecteur de bonne humeur. L’auteur-compositeur-interprète innu de la communauté d’Uashat Mak Mani-utenam a lancé cette année son premier EP, Uitamui, qu’il a interprété guitare au cou, casquette vissée sur la tête et sourire sans répit au visage.

L’artiste mêle folk, pop et country à coups de chansons accrocheuses. Presque tous ses morceaux sont chantés en innu-aimun ; Dan-Georges Mckenzie glisse toutefois au public, entre ses pièces, les thèmes qu’elles abordent. La famille et l’amour occupent une place centrale dans son œuvre, et font d’elle un tout d’une grande douceur.

En fin de performance, Dan-Georges, qui s’est qualifié pour les demi-finales (7e rang), remercie les Francouvertes d’avoir mis l’innu-aimun sur le même piédestal que le français, une décision loin d’être répandue dans le monde de la musique québécoise c’est plutôt le public qui le remercie.

Comme un moment entre ami(e)s

Gawbé (alias Gabrielle Côté) et ses compatriotes n’étaient pas seuls. L’artiste de rock alternatif originaire de Québec semble avoir emmené avec elle tout son cercle d’ami(e)s. Ils et elles, au fond de la salle, débordent d’enthousiasme et laissent présager une qualification pour les demi-finales. À l’issue de cette dernière soirée de préliminaires, Gawbé n’y est néanmoins pas parvenu.

Si elle ne réinvente aucun code, l’artiste crée pour son public un espace dansant et léger. Une aura incontestablement joyeuse flotte au-dessus de son travail, soutenue par une voix chaude et profonde. Ses musiciens sautillent, visiblement reconnaissants de fouler les planches du Lion d’Or, et donnent au projet un cadre sonore entraînant et bien découpé.

La prochaine étape du concours, celle des demi-finales, se déroulera les 18, 19 et 20 avril. Neuf artistes s’y sont classé(e)s au bout des sept soirs de préliminaires. En ordre croissant : Rau Ze, Michaëlle Richer, Xela Edna & Eius Echo, Émile Bourgault, Charlotte Brousseau, Hôte, Dan-Georges Mckenzie, David Lagacé et Allô Fantôme.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *