UQAMS’alimenter sainement à l’UQAM, un défi coûteux

Maude Ravenelle7 décembre 20216 min

Sortez votre portefeuille et vos connaissances en nutrition si vous voulez bien vous alimenter sur le campus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Les choix de repas santé se trouvent en quantités limitées et à un prix non négligeable.

À la Cafétéria Hubert-Aquin, le prix des assiettes varie entre 7,95 $ et 10,95 $. Considérant que les membres de la communauté étudiante gagnent environ 13,50 $ l’heure, et qu’un(e) étudiant(e) ne devrait pas travailler plus de 15 heures par semaine pour ne pas nuire à ses études, manger à l’UQAM devient alors une option de dépannage.

Ces repas sont malgré tout intéressants selon Catherine Bazinet, nutritionniste et diététiste chez ÉquipeNutrition. Selon elle, ils respectent le Guide alimentaire canadien. D’ailleurs, le directeur des Services alimentaires de l’UQAM, Louis Marcoux, spécifie que « la majorité des produits sont faits maison » et que « les Services alimentaires de l’UQAM sont le représentant officiel du volet institutionnel de la campagne gouvernementale Aliments Québec au menu ».

« Ça monte vraiment vite »

Cependant, l’accès aux produits nutritifs demeure difficile pour la communauté uqamienne. En se promenant dans les rayons, les étudiant(e)s constatent que les prix de la nourriture peu transformée sont considérables. Un yogourt peut coûter deux dollars et une salade de pois chiches 4,25 $.

« Si tu prends un sandwich, un yogourt avec granola et une boisson, ça monte vraiment vite. Ça me coûte autour de 12 $, donc j’essaye le moins possible de manger ici », raconte Gabrielle Prince-Guérir, étudiante à la maîtrise en travail social à l’UQAM.

Pour Karel Robert-Robitaille, étudiante au baccalauréat en nutrition à l’Université de Montréal, les choix individuels sont beaucoup influencés par l’environnement alimentaire. « Si tu as le choix entre un menu préparé à 10 dollars et un sandwich de préparation rapide ultra transformé à quatre dollars, bien l’étudiant va choisir l’option à quatre dollars parce que c’est moins cher. […] C’est là que l’Université a un rôle à jouer afin de permettre, ou non, la disponibilité de certains produits sur le campus », soulève-t-elle.

Les prix à la cafétéria de l’UQAM sont comparables à ceux des autres universités montréalaises. Louis Marcoux indique que ces prix tiennent compte de « la capacité des clientes et des clients à payer, de la compétition générée par les restaurants autour de l’institution, des délais de péremption des produits […] Les Services alimentaires n’enregistrent pas de profits ».

Les grands oubliés

Pour les écoles primaires et secondaires, le gouvernement du Québec a lancé le programme Pour un virage santé à l’école qui permet aux élèves d’avoir accès à un repas équilibré comprenant une soupe, un plat principal, un dessert ainsi qu’un jus pour une somme d’environ six dollars. Les étudiants et les étudiantes de niveau postsecondaire sont cependant les grand(e)s oublié(e)s. Aucune politique ne statue sur le prix et la qualité des aliments qui devraient être servis dans les cégeps et les universités.

Pour Karel Robert-Robitaille, l’UQAM pourrait s’associer avec des banques alimentaires. D’un autre côté, Jean-Claude Kumuyange, étudiant au doctorat en sociologie à l’UQAM, croit que l’Université devrait se positionner quant à l’accessibilité alimentaire. « Il devrait y avoir moins de choix et [des produits] moins chers, quitte à avoir des rabais pour les étudiants et les employés », considère-t-il.

Des initiatives comme le service People’s Potato à l’Université Concordia, qui propose des soupes gratuites et à deux dollars, montrent que l’accessibilité à l’alimentation saine est possible dans les établissements d’enseignement supérieur.

Une dose de réconfort

Dans les cafés étudiants de l’UQAM, les valeurs nutritives des aliments ne seraient pas la priorité des client(e)s. « C’est sûr qu’on pourrait demander la valeur nutritionnelle à chacun des fournisseurs, mais ce n’est pas vraiment une demande que les gens ont, donc on n’a pas fait cette démarche », affirme Samuel Alie, employé au Café Design, qui se trouve dans le pavillon Judith-Jasmin.

Le Salon G, situé au pavillon Hubert-Aquin, se penche quant à lui un peu plus sur l’offre en aliments équilibrés. « On essaye de choisir les fournisseurs qui vont choisir des produits de qualité et qui répondent aux besoins des étudiants », indique le superviseur du café, Anis Benjelloun.

Les tarifications dans les cafés étudiants peuvent être avantageuses. « Il y a les contributions étudiantes et l’AFÉA qui nous donnent un peu d’argent au début de chaque année, donc ça nous permet de réduire les prix et aussi, on essaye de ne pas faire de profit », précise Samuel Alie.

Si les membres de la communauté étudiante ne font pas d’énormes économies dans les cafés à l’UQAM, les étudiant(e)s s’y rendent surtout pour l’ambiance plus accueillante. La cafétéria est, selon des étudiants et des étudiantes rencontré(e)s par le Montréal Campus, un environnement plus froid. « Je viens [au Café des Arts] parce que les canapés sont confortables, ce n’est pas très cher et les gens sont sympathiques », souligne Élisa Sibert, étudiante à la maîtrise en communication concentration recherche-création en média expérimental.

 

Prix par produit dans différents points de vente à l’UQAM à l’automne 2021

Prix à la cafétéria Hubert-Aquin Prix au Salon G Prix au Café des Arts et au Café Design
Café filtre (12oz) 2,30 $ 2,30 $ 1,85 $
Croissant 2,85 $ 2,50 $ 2,50 $
Yogourt 2,50 $ 1,50 $ à 2,10 $ 1,00 $
Wrap végan 7,00 $ 7,00 $ 7,00 $
Repas chaud 7,95 $ à 10,95 $ 9,00 $

 

Mention photo Édouard Desroches | Montréal Campus

Un commentaire

  • Zoé

    14 décembre 2021 at 15:46

    Je trouve que c’est vraiment honteux de charger des prix aussi élevé à des étudiants qui ne gagnent déjà pas grand chose. Ça me coute le même prix d’aller manger dans un petit restaurant et parfois même moins cher. On paye déjà assez cher de frais de scolarité. Une véritable honte

    La

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *



À lire aussi