CultureWaska Matisiwin : les racines autochtones de Laura Niquay

Ariane Chevrier30 avril 20214 min

L’autrice-compositrice-interprète atikamekw Laura Niquay sort le 30 avril son second album, Waska Matisiwin, qui contient douze nouvelles chansons nous invitant à plonger dans son univers indie-folk enraciné dans sa culture autochtone.

L’album ouvre en douceur sur un chant a capella intitulé Wactenamaci, qui signifie  « Illumine-moi » en atikamekw. Seulement deux voix en harmonie et une percussion se joignent au bruit de tonnerre pour nous guider tranquillement vers l’éclatante Moteskano

C’est ainsi que débute Waska Matisiwin, qui signifie « Le cercle de vie », la deuxième création de Laura Niquay. Pour le titre, son inspiration était la Terre-Mère ainsi que les deuils et les difficultés vécues dans les communautés autochtones, explique-t-elle en entrevue avec le Montréal Campus. Honorer sa culture, sa langue et ses ancêtres sont les grands thèmes autour desquels l’album évolue. 

Trois ans après la sortie de Waratanak (Au creux de la montagne), son premier album, Laura Niquay indique avoir appris de sa première expérience et avoir mis beaucoup de temps à perfectionner son art. « Dans ce métier-là, c’est toujours à recommencer, mais on ne recommence jamais à zéro. Les connaissances que j’ai dû aller chercher dans des maisons de création et d’écriture, ça a été très important. Je voulais être prête pour cet album », raconte-t-elle.

Gagnante de plusieurs prix au Festival Vue sur la Relève en 2018, Laura Niquay est également la première artiste atikamekw à avoir foulé les planches des Francofolies en 2011.

Perpétuer les traditions

Dès la deuxième chanson, des chants de pow-wow accompagnent la voix rauque typique de l’artiste. On en retrouve également dans Eki Petaman (Ce que j’ai toujours entendu) ainsi que Kirano (Nous) qui sont caractérisés par des rythmes envoûtants, qui résonnent en parfaite harmonie avec la guitare, les percussions et les chœurs. « Je trouve qu’on n’écoute plus assez de chansons de pow-wow », se désole Laura Niquay. Un groupe de Kahnawake, situé sur la Rive-Sud de Montréal, a été invité au studio d’enregistrement pour l’occasion. « Je pense qu’ils sont fiers eux autres aussi de cet album-là », ajoute-t-elle en souriant. 

L’un des objectifs principaux de sa musique : inspirer les jeunes autochtones à se reconnecter avec leur culture et leur langue. Elle explique que des mots atikamekw qui ne sont plus ou peu utilisés ont été ajoutés à ses textes. « Dans Moteskano [qui signifie “Les sentiers de nos ancêtres”], ça parle de mocassins. Je dis dans le refrain : “mets tes mocassins”. C’est bon pour nos jeunes », avance-t-elle en expliquant qu’elle espère que ses neveux et nièces, qui ne parlent presque pas l’atikamekw, s’intéressent à ce nouveau vocabulaire. 

Partager sa culture

Tout en voulant inspirer les plus jeunes, elle rend également hommage à ses ancêtres dans ses compositions. Moteskano, qui raconte aussi l’histoire de la raquette, fait référence à la transmission des connaissances par les aînés dans les communautés autochtones. L’illustration qui accompagne l’album reprend d’ailleurs l’image des racines et des branches pour représenter un arbre généalogique, d’où l’on vient et où on s’en va, explique Laura Niquay. 

Si certains titres sont grunge et rock, d’autres sont plus doux et acoustiques, comme Aski (Terre) et Nicto Kicko (Trois jours). L’album offre un éventail de possibilités de genres musicaux et nous ouvre la porte sur une culture peu connue du public québécois. Nicim (Mon petit frère) ressort du lot grâce à un style se rapprochant du rap, chanté en partie par l’artiste innu Shauit. La dernière chanson Kirano, qui signifie « Nous », se veut rassembleuse et a été écrite en l’honneur des Premières Nations partout dans le monde, précise l’artiste. 

L’actualité de la dernière année, ponctuée de plusieurs mouvements antiracistes, semble déjà inspirer Laura Niquay pour un troisième album. « Je pense beaucoup à Joyce Echaquan et j’envisage de faire une chanson pour elle. J’ai quelque chose pour ça que je mijote encore dans ma tête », conclut-elle.

Mention photo Lila Maitre | Montréal Campus

Merci à Appartements Meublés Trylon  

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