UQAMLes cafés étudiants préparent leur réouverture

Violette Cantin4 avril 20215 min

Corridors silencieux, tables inoccupées, locaux vides : voilà à quoi ressemble l’ambiance à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis le mois de mars 2020. Mais l’effervescence sociale uqamienne n’est pas la seule perdante de cette pandémie : les cafés étudiants et les services alimentaires ont eux aussi beaucoup écopé. Dans l’espoir d’un retour imminent à la vie normale, ceux-ci préparent la reprise de leurs activités post-pandémie.

La fermeture du Café Tasse-toi, causée entre autres par les pertes financières liées à la pandémie, laisse présager des temps difficiles pour les cafés étudiants de l’UQAM. Mais pour Yimin-Léa Gauthier, l’une des gestionnaires du Café Humani-Thé situé dans le pavillon de psychologie, ce n’est pas tant les problèmes financiers que de trouver du personnel qui s’annonce problématique. « Nous sommes tous et toutes bénévoles au café, la passation des savoirs se passe donc entre bénévoles », explique-t-elle. 

Comme le café n’est plus ouvert depuis le printemps dernier, le renouvellement du personnel pourrait être  compliqué si l’établissement rouvre ses portes à l’automne 2021. « Déjà que la rétention du personnel était difficile, plusieurs bénévoles ne restaient qu’une session ou un an, il faudra former beaucoup de bénévoles quand nous rouvrirons », prévoit-elle. L’étudiante en psychologie précise que le café a besoin d’au moins 15 personnes pour opérer.

Le café Sain Fractal est situé dans le Complexe des sciences Pierre-Dansereau. Sa gestionnaire et diplômée du baccalauréat en chimie, Pénélope Morigault, n’entrevoit pas de problèmes d’embauche dans son café, où le personnel est rémunéré. « Je crois que les gens voudront reprendre la vie étudiante et postuleront pour travailler au café », affirme-t-elle. Elle précise que l’équipe de gestion a profité de la pandémie pour exécuter quelques travaux et rénovations, comme le sol ou le comptoir arrière pour les employé(e)s, ainsi qu’un réaménagement qui permettrait l’ouverture du service en respectant les mesures sanitaires.

La réouverture à prévoir

Yimin-Léa Gauthier ne voyait pas l’intérêt d’ouvrir le café Humani-Thé à l’automne 2020 en raison du peu de cours offerts en présentiel. Toutefois, elle se dit prête à le rouvrir dès que les consignes de l’UQAM le permettront. Pénélope Morigault, quant à elle, aurait voulu rouvrir le Sain Fractal dès l’automne 2020. « Mais quand on a demandé à la direction de l’UQAM la permission de rouvrir en août dernier, elle nous a dit non en évoquant les restrictions sanitaires et le peu d’étudiants et d’étudiantes qui seraient présent(e)s sur le campus », se désole-t-elle. 

L’étudiante ajoute que l’Association Étudiante du Secteur des Sciences de l’UQAM (AESSUQAM) avait prévenu l’équipe de gestion du café de se préparer en cas de réouverture, ce qui a créé certaines attentes. Un constat lui laisse toutefois un goût amer en bouche : le restaurant universitaire Muffin Plus, également situé dans le Complexe des sciences, est resté ouvert pendant la pandémie. « On était déçu que la direction accepte ce restaurant plutôt qu’un café étudiant », ajoute-t-elle.  Pénélope Morigault prévoit rouvrir le Sain Fractal l‘automne prochain. 

Les services alimentaires toujours ouverts

Bien que les cafés étudiants aient dû fermer leurs portes en cette année pandémique, les Services alimentaires de l’UQAM ont modifié leur offre afin de s’adapter à la situation. Le directeur des Services alimentaires de l’UQAM Louis Marcoux souligne quelques-unes de leurs initiatives. « Nos plats peuvent maintenant être commandés en ligne et livrés dans trois points de service », affirme-t-il. Ce nouveau traiteur se nomme La Caravane Express. Louis Marcoux veut continuer à offrir ce service après la pandémie, « plus largement et à plus long terme ».

Pour ce qui est de l’après-pandémie, le directeur des Services alimentaires prévoit des changements dans les habitudes de la clientèle. « Nous croyons qu’ils seront moins enclins à opter pour la formule libre-service, comme le bar à salade », explique-t-il. Pour ce qui est de l’impact de la pandémie sur leurs finances, il souligne que « les Services alimentaires de l’UQAM n’ont pas été épargnés ».

Pas seulement une vocation alimentaire

Les cafés étudiants ne sont pas simplement un endroit où se procurer un café entre deux cours : ils sont aussi synonymes de lieu d’échanges et de rassemblements, ce mot désormais honni. Pénélope Morigault souligne la quantité d’événements qui étaient organisés au Sain Fractal avant la pandémie. « Nous avions une activité de jeux de société chaque semaine, et nous accueillions des fêtes des associations modulaires », se souvient-elle, avant de rappeler fièrement que le Sain Fractal offre le café filtre « le moins cher sur le campus ». 

Yimin-Léa Gauthier se souvient elle aussi avec nostalgie du formidable canalisateur d’interactions sociales que constituait le café Humani-Thé. « Dans le pavillon de psychologie, les gens ont tendance à rester dans leur étage ou leur section. Ça limite les rencontres », se désole-t-elle. « Mais au café, on côtoyait des membres du corps professoral et des étudiants et étudiantes. Je me suis fait des ami(e)s, là-bas », évoque-t-elle. Pour elle, ce serait vraiment dommage que la pandémie emporte avec elle les cafés étudiants, qui sont aussi des milieux de vie.

Mention photo Lila Maitre | Montréal Campus

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