SociétéÉlevey : une championne du jeu vidéo se lance en affaires

Roxanne Lachapelle3 janvier 20214 min

Stéphanie Harvey, connue sous le pseudo de « missharvey », quintuple championne mondiale du jeu vidéo Counterstrike, a lancé cet automne Élevey, une marque de vêtements non genrés qui vise à faire du web un espace plus sain. Derrière la ligne de vêtements se trouve une militante pour la diversité et le bien-être dans la communauté numérique.

Eau de rose est la première collection de la marque qu’a créé la jeune entrepreneure. Elle comprend des t-shirts, des coton ouatés, des masques et des vestes : selon sa créatrice, la collection se veut confortable, pratique et artistique, le design ayant été inspiré par la mode pop et la culture Esport, entre autres.

Pour Stéphanie Harvey, Élevey est un moyen de redonner à la communauté. Étant à la semi-retraite de sa carrière de joueuse professionnelle de Esport, « le sentiment d’excitation se rapprochant le plus de la compétition est [celui] de redonner », explique la jeune femme de 34 ans. Ainsi, 75% des profits faits sur les masques sont remis à l’organisme Cybersmile, dont la mission est « axée sur le bien-être numérique, la cyberintimidation et le harcèlement en ligne, » selon le site officiel de la marque. 

La championne mondiale travaille depuis longtemps avec l’organisme, puisque les valeurs de Cybersmile sont semblables à celles que la militante défend. Dan Raisbeck, cofondateur de Cybersmile, s’est dit « extrêmement reconnaissant, honoré et enthousiaste » quant au don de Stéphanie Harvey, la décrivant comme « une force bienveillante depuis de nombreuses années. »

 De la toxicité à la cybercitoyenneté

Chaque pièce de la collection incarne ce qu’Élevey représente selon Stéphanie Harvey. Certains morceaux représentent des mythes qu’elle tente de déconstruire : « Le “pew pew”, écrit sur [un des] T-shirt, est souvent associé à la violence dans le jeu, mais mis avec la fleur, c’est pour montrer […] que paix et amour vont main dans la main avec le jeu vidéo, et ça a été prouvé plein de fois, » explique-t-elle.

Une des missions principales de la marque est de faire connaître le concept de cybercitoyenneté, qui se compose de ce que l’entrepreneuse appelle « les trois C » : la marque encourage ceux et celles qui la portent à dénoncer la cyberintimidation, combattre la cyberdépendance et valoriser la cybersécurité. « Je parle de cybercitoyenneté et de non de cyberintimidation seulement, parce qu’il est, selon moi,  impossible de régler la cyberintimidation qu’on subit si on ne parle pas de cybercitoyenneté », estime-t-elle.

Stéphanie Harvey déplore le manque de reconnaissance quant à l’étiquette en ligne : « On ne parle que de toxicité, mais pas assez de cybercitoyenneté. » Pour elle, les problèmes de comportements qu’on retrouve dans les jeux vidéo ne sont pas exclusifs aux jeux mêmes, mais découlent plutôt d’un manque de connaissances quant aux comportements à adopter en tant que citoyen digital, et ce, dans l’ensemble de l’espace numérique.

Le manque d’éducation quant aux interactions saines à adopter en ligne est criant selon la joueuse professionnelle. « on est complètement à côté de la plaque en ce moment, on n’a aucune éducation internet », estime celle qui croit que le concept des trois C devrait être enseigné par les professeurs, les professeures et les parents dès l’école primaire. Elle déplore toutefois que trop peu d’entre eux et elles soient réellement informé(e)s afin d’aider les enfants lorsqu’ils et elles naviguent sur le web.

Encouragée par les réactions positives, la créatrice d’Élevey compte bientôt travailler sur une deuxième collection. 

Photos fournies par Élevey

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