UQAMLes difficultés de la radio étudiante en pleine pandémie

Marie-Jeanne Ledoux-Labelle16 décembre 20205 min

La radio étudiante CHOQ.ca offre à ses auditeurs et ses auditrices une variété de contenu au niveau des émissions et des reportages radiophoniques. Avec un arrêt forcé durant la session d’hiver 2020, tous les membres ont dû mettre les bouchées doubles lors de la reprise de leurs activités cet automne.

Pour l’animateur de l’émission d’actualité Le Recap, Tim Girouard, la pandémie est un terreau fertile pour l’actualité, ce qui facilite la tâche de son équipe. « La pandémie nous donne plus de contenu […] à chaque semaine, il y a des développements », a-t-il révélé. 

Ce n’est toutefois pas le cas des émissions à vocation culturelle, par exemple, qui ont vu leur contenu diminuer avec l’arrêt quasi complet des activités culturelles. L’émission Box Sophisme animée par Julien Bernatchez et Dom Massi sur les ondes de CHOQ.ca, dont le but est d’analyser et de prédire les entrées des films au box office, ne fait pas exception. « C’est pas la même émission qu’avant », a confié Julien Bernatchez.

Malheureusement, la pandémie a forcé l’arrêt du box office. Les animateurs de Box Sophisme s’adaptent à leur nouvelle réalité en discutant des controverses entourant certains films et analysent des films qui sont passés à la télé durant la semaine. 

Des pertes importantes

La pandémie a engendré des pertes financières, comme l’a expliqué le directeur général de CHOQ.ca, William Maurer, lors d’un échange avec le Montréal Campus. Les pertes se font ressentir « notamment en vente de publicité où nous avons perdu près de 80% de nos revenus par rapport à la même période l’an passé », a-t-il déclaré. Il explique tout de même qu’en temps normal, les revenus de CHOQ.ca sont majoritairement constitués de cotisations étudiantes. «Nous avons ressenti aussi une petite baisse entre 5 et 10% de ce bord là, mais rien de non rattrapable au niveau de nos finances », affirme-t-il. 

Les pertes financières inattendues engendrées par la situation actuelle ont forcé CHOQ.ca à « reporter [leur] projet de refonte totale de [leur] site web, et la mise à jour du matériel informatique de la station », a avoué le directeur général. 

La pandémie a aussi occasionné des pertes au niveau du personnel. L’animateur Tim Girouard a confié au Montréal Campus que le recrutement se fait très difficilement en temps de pandémie, car les étudiants et étudiantes sont majoritairement à la maison. Les représentant(e)s de CHOQ.ca ne peuvent donc pas faire la promotion de la radio étudiante en circulant dans l’université comme ils et elles le feraient en temps normal. La plateforme Zoom est maintenant utilisée par les responsables pour faire de la promotion à distance. 

De plus, plusieurs étudiants et étudiantes ont renoncé à leur rôle au sein de la radio étudiante par peur de contracter la COVID-19. L’équipe de l’émission Le Recap a perdu trois joueuses depuis le début de la pandémie, ce qui crée une problématique pour la réalisation de l’émission. 

Cette réalité a d’ailleurs mené à l’annulation de certaines productions, faute de personnel. En outre, CHOQ.ca a « dû, à la fin de l’été, mettre à pied temporairement un poste au sein de [l’]équipe [celui des ventes de publicité] afin de limiter les pertes [financières] », a confirmé William Maurer. 

Des mesures sanitaires à respecter

Pour s’assurer de respecter les mesures sanitaires et dans le but de protéger le personnel et les bénévoles de la station, CHOQ.ca a mis en place certaines règles. La programmation est maintenant plus espacée dans le but de permettre une plus grande période de battements entre chaque émission. Cela empêche que les collaborateurs et collaboratrices se croisent à l’entrée et à la sortie du studio et leur donne aussi du temps supplémentaire pour désinfecter le matériel. La capacité des studios est passée de huit à quatre personnes pour le plus grand, et pour le petit, de quatre à deux personnes. Le port du masque est obligatoire dans ces espaces fermés.

Une adaptation difficile

Selon le directeur général de CHOQ.ca, la plus grande adaptation a été celle de la fermeture du studio au mois de mars et du passage inévitable au télétravail. «Une radio sans studio, c’est plutôt complexe », a-t-il avoué. Une importante portion de la programmation a été perdue, mais pas la totalité grâce aux bénévoles affiliés à CHOQ.ca qui ont accepté d’enregistrer leur émission de la maison. Un grand défi du télétravail, selon les observations de William Maurer, est celui de «maintenir un esprit d’équipe et une cohésion à distance pour l’équipe administrative ». 

Depuis le retour en studio au mois de septembre, d’autres complications sont survenues. Si un problème technique se présente, cela peut prendre des semaines avant qu’il ne soit réglé, car l’individu responsable de gérer ces problèmes ne peut pas être sur place, pandémie oblige, explique l’animateur de l’émission Le Recap, Tim Girouard. Pour lui, une grande difficulté réside dans la complexité des protocoles sanitaires, surtout lorsqu’il est question d’accueillir des personnes venues de l’extérieur dans le but d’échanger avec les membres de l’équipe de sujets d’actualité. Il faut prévoir tout cela bien à l’avance ce qui est plus complexe, car l’actualité ne s’anticipe pas. 

Malgré les difficultés auxquelles les membres de CHOQ.ca ont fait face durant cette période marquée par l’instabilité et l’incertitude, ils et elles ont persisté. C’est grâce à eux et elles que les auditeurs et auditrices de CHOQ.ca peuvent bénéficier de reportages radio de qualité au quotidien et que la radio étudiante continue à exister malgré les conditions difficiles.

Mention photo Lila Maitre | Montréal Campus

 

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